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Mon memoire en bref

Mercredi 21 Juillet 2010 - 4:39:47


REMERCIEMENTS

 

 

 

 

 

 

 

 

Nombreux sont ceux qui ont participé de près ou de loin à l’élaboration de ce travail. Tous ne peuvent pas être mentionnés nominalement, mais qu’ils reçoivent par ces mots ma gratitude.

Merci particulièrement aux enseignants du département d’Informatique et des Technologies Éducatives de l’École Normale Supérieure pour leur  disponibilité et leurs précieux conseils.

Ma gratitude à ma famille pour l’indéfectible soutien moral et matériel.


RESUME

            Ce travail vise à concevoir et à réaliser un modèle de simulation financière des politiques de l’enseignement supérieur au Cameroun  à partir des technologies de l’information et de la communication. Il s’agit de proposer  au décideur un outil spécifique qui lui  permet de mesurer les implications financières d’une option de politique éducative  sur une période déterminée.  A cet effet, sa conception et sa réalisation s’appuient  sur l’ensemble des théories de la planification de l’éducation, sur  l’étude des modèles existants et enfin sur l’analyse de l’enseignement supérieur au Cameroun.

 

Mots clef : Planification, Modèle, Simulation financière, Dépenses pédagogiques


ABSTRACT

The main objective in this thesis is to realize an ICT simulation model of financial policies in higher education in Cameroun. It’s a specific tool suggested to higher education decision makers for helping them to estimate the financial impacts of a given higher educational policy option within a period. The conception and implementation of this simulation model are based on education planning theories, comparison with existant models and Cameroon higher education analysis.

 

 Keys words: Planification, Model, Simulation, Pedagogic costs

                  LISTE DES ABREVIATIONS

 

 

EPSSIM : Modèle de simulation des politiques et stratégies éducatives

 

EPT : Éducation Pour Tous

 

FMI : Fonds Monétaire International

 

IADM : Initiative d’Allègement à la Dette Multilatéral

 

IPES : Institutions Privés d’Enseignement Supérieur

 

MINESUP : Ministère de L’Enseignement Supérieur

 

PPTE : Pays Pauvres Très Endettés

 

TIC : Technologies de l’Information et de la Communication

 

UNESCO : Organisation des Nations Unies pour la Science et la Culture




INTRODUCTION GENERALE      

Contexte et justification

Les objectifs du millénaire  pour  le développement adoptés à New York en septembre 2000 identifient huit objectifs internationaux parmi lesquels l’Education Pour Tous (EPT) d’ici 2015. Ceci dans la perspective globale de réduire la pauvreté de moitié et d’améliorer le bien être de la population des pays à faible revenu. L’atteinte de ces objectifs passe nécessairement par  l’appropriation d’un certain nombre de techniques et d’outils qui permettent d’établir des plans de développement. Le cadre d’action de Dakar recommande pour tous les pays l’élaboration d’un plan national d’Éducation pour tous avant l’échéance de 2002.

En effet, depuis plusieurs décennies, la plupart des pays ont mis en œuvre des plans de développement à moyen ou à long terme mais très vite (c'est-à-dire à partir des années 80) la mise en œuvre de ceux-ci  s’est avérée laborieuse voire hypothéquée à cause des difficultés économiques et financières induites par les aléas économiques et budgétaires imprévisibles. Face à ce bilan mitigé, les pays en développement ont opté pour un nouveau paradigme de développement orienté vers « des approches sectorielles et des politiques facilitant la réa-allocation des ressources dans le cadre d’une approche systémique du développement de l’éducation » (G-C .Chang et M .Radi, 2001, p.1) avec en prime pour certains pays la conception des modèles de simulation des politiques éducatives.

Mais à l’évidence, le constat est à la prééminence des décisions politiques qui ne reposent sur aucune étude scientifique préalable alors qu’en réalité le décideur dans le choix d’une option de politique éducative devrait tenir compte non seulement des provisions financières disponibles mais aussi du coût qu’elle entraine. Ainsi au Cameroun l’on a souvent vu les projets de constructions de certaines infrastructures scolaires abandonnées en cours de réalisation du fait des décisions non judicieuses.

 Le présent travail se prête donc au contexte de l’heure, dans un environnement marqué par la rareté des ressources financières et l’élasticité des besoins éducatifs, quel est le choix optimal pour un décideur de politiques éducatives face à ce qui peut s’apparenter comme un dilemme ? Une partie de la réponse à cette question se trouve dans le modèle de simulation financière des politiques éducatives.

L’une des prérogatives du «  Spécialiste des systèmes d’information de gestion de l‘éducation est de concevoir et mettre en place des systèmes informatiques facilitant la gestion et le pilotage du système éducatif à différents niveaux : Établissement, Arrondissement, Département, Région, et Ministère » (Marcel Fouda, 2009). Ce mémoire  est au regard de cette mission,  une contribution  à la réalisation de l’objectif de l’Éducation Pour Tous en Afrique.

Objectifs de l’étude

 

Ce travail s’inscrit dans l’optique globale du renforcement des capacités de planification stratégique de l’enseignement supérieur au Cameroun, en particulier dans la perspective de la planification à l’aide des technologies de l’information et de la communication et a pour objectif spécifique de fournir au décideur, un outil qui lui permette d’avoir des éléments objectifs d’appréciation des options de politique possibles . Concrètement le modèle  permet aux décideurs d’évaluer la pertinence des politiques éducatives et le besoin de financement.

 

Résultats

Le résultat de ce travail est la production d’un outil d’aide à la décision qui permet d’estimer les dépenses de fonctionnement et d’investissement de l’enseignement supérieur au Cameroun

 

Méthodologie

            La conception du modèle de simulation des politiques de l’enseignement supérieur s’est appuyée sur trois éléments majeurs :

-          Les théories de la planification de l’éducation

-          L’étude des modèles de simulation existants

-          L’analyse de l’enseignement supérieur au Cameroun

Compte tenu de la densité, de la complexité du paysage de l’enseignement supérieur au Cameroun et des contraintes de temps, la conception de ce modèle  a fait l’objet d’un travail de groupe. Concrètement, le modèle de simulation a été subdivisé en sous modèles

      -     Le module des effectifs scolaires conçu et réalisé par Hayatou Abdoulaye

-          Le module du personnel conçu et réalisé par Manga Mbang Caroline

-          Le module des infrastructures conçu et réalisé par Nguemen Patricia

-          Le module des dépenses conçu et réalisé par Tsanga Ndzodo Nicolas

-          Le module de financement conçu et réalisé par Onana Noah Roger

Ce travail est subdivisé en quatre chapitres à savoir :

Ø  Le premier chapitre porte sur les différentes théories de la planification de l’éducation

Ø  Le deuxième chapitre porte sur les modèles de simulation financière

Ø  Le troisième chapitre est consacré à l’analyse de l’enseignement supérieur

Ø  Le quatrième chapitre porte sur la conception du module de dépenses de l’enseignement supérieur

                                                                                                                                  


CHAPITRE1: PRESENTATION ET EVOLUTION DU CONCEPT DE PLANIFICATION DE L’EDUCATION

 

 Le recours  à la planification est devenu aujourd’hui incontournable dans l’élaboration des politiques éducatives. Ainsi, sous l’impulsion des partenaires au développement (UNESCO, FMI)  la plupart des pays africains s’attèlent à concevoir les plans de développement conformément à leur différents objectifs.

Ce chapitre vise non seulement à donner l’origine et l’évolution historique du concept de planification de l’éducation  mais aussi à présenter la notion dans ses différentes acceptions.

1.1.                    EMERGENCE ET DEFINITION DU CONCEPT

Dans cette section, il est question de présenter  l’historique du concept de planification de l’éducation avant d’en donner une définition.

1.1.1.            Evolution historique du concept de planification de l’éducation

Le concept de planification n’est pas un concept nouveau, « l’actuelle planification de l’éducation peut se réclamer d’antécédents qui remontent sans interruption jusqu’à l’antiquité » (Ph Coombs ,1970, p.16).

Les premiers antécédents remontent à quelque vingt-cinq siècles, en effet la constitution de Sparte consacre déjà la planification de l’éducation et décrit la manière dont elle doit être menée par les spartiates conformément à leurs objectifs de développement. De même Platon dans sa république met déjà en exergue la nécessité d’un plan de développement approprié aux desseins politiques et aux exigences de l’hégémonie athénienne. La Chine sous l’impulsion des Han, et le Pérou des Incas ont planifié l’éducation pour servir spécialement leurs desseins nationaux. Ces exemples qui se situent à l’époque de l’antiquité ne sont nullement exhaustifs mais renseignent déjà à suffisance sur l’importance et le rôle de la planification de l’éducation dans les différentes sociétés où elle était pratiquée.

Pour revenir à une époque récente, certains exemples montrent comment le recours à la planification de l’éducation notamment à des périodes d’agitation idéologique a contribué à mouler la société autour d’un idéal commun conformément aux nouveaux objectifs. Ces plans avaient généralement pour initiateurs, des philosophes dont l’éducation était non seulement inscrite au centre de la pensée mais aussi, considérée comme un instrument de réforme sociale.

En effet certains événements méritent de retenir notre attention, l’on peut citer la proposition de John Knox pour la conception d’un plan national d’établissements scolaires en Ecosse au 16ième siècle, la profusion des projets avec des titres se rapportant à la planification de l’éducation en Europe au 18-19ième siècles dont les plus célèbres sont le plan d’une université pour le gouvernement de Russie de Diderot, le plan de Rousseau avec pour objectif principal, d’assurer l’éducation à tous les citoyens polonais . 

Aujourd’hui nous assistons à un style de planification nouveau utilisant des techniques modernes et raffinées mais dont le fond n’est pas fondamentalement différent des formes anciennes citées précédemment.

1.1.2.            Planification de l’éducation : Une définition

        L’on ne saurait définir le concept de planification de l’éducation sans au préalable circonscrire la notion de planification dans son acception globale.  De manière  basique, planifier veut dire organiser selon un plan. En d’autres termes la planification est la programmation d’actions et d’opérations à mener

-          dans un domaine précis,

-          avec des objectifs précis,

-          avec des moyens précis,

-          sur un horizon déterminé.

Il s’agit essentiellement d’un instrument de gestion qui  permet aux responsables de prendre des décisions sur une base plus rationnelle et d’anticiper les différentes actions liées à un projet. De ce point de vue la planification peut être vue non seulement comme un processus d’aide à la décision mais aussi un processus de concertation sociale.

Comme processus d’aide à la décision elle vise, par concertation des acteurs concernés, à prévoir des ressources et des services requis pour atteindre des objectifs déterminés, selon un ordre priorité établi, permettant ainsi le choix d’une solution préférable parmi plusieurs alternatives. Ce choix prend en considération le contexte et les contraintes internes et externes connues actuellement ou prévisibles dans le futur.

A travers cette définition, le processus lui-même peut être découpé en trois étapes :

- La première est la recherche d’un consensus sur les buts ou finalités

- La seconde est la définition d’objectifs spécifiques prioritaires

- La troisième étape est la programmation des moyens et des activités nécessaires à la réalisation des objectifs. Elle doit définir le calendrier et les conditions permettant la mise en œuvre des actions décidées et évaluer les actions en termes de procédures et de résultats.

Comme processus de concertation sociale, elle implique la reconnaissance des acteurs clés, de leur(s) intérêt(s) respectif(s) puis l’organisation d’une plate forme de concertation  à la recherche de consensus sur les objectifs, les priorités et les actions. Il faut alors rechercher une cohérence dans la stratégie des différents acteurs. Grace à ce consensus, la planification peut aboutir au changement de la situation existante vers une meilleure réponse à des besoins.

La planification de l’éducation quant à elle n’est autre chose que la programmation des actions et opérations à mener dans le domaine de l’éducation. Il s’agit d’ « un processus continu et systématique de formulation et d’évolution permanente, au cours duquel, grâce à la coopération interdisciplinaire et des secteurs publics et privés intéressés :

-          on définit des objectifs qualitatifs et quantitatifs à long terme, de développement du système éducatif dans son ensemble ;

-          on détermine des étapes à court et moyen terme ;

-          on définit les ressources matérielles et humaines nécessaires » (Maximo Halty, 1965, p.552)

1.2.                    PRINCIPAUX MODELES DE PLANIFICATION DE L’EDUCATION

La planification de l’éducation est une planification sectorielle, c'est-à-dire qu’elle  s’intègre aux plans généraux de développement économique et social du pays, de ce point de vue, son schéma méthodologique et son exécution dépendent de la philosophie et du modèle du plan général. Dans la pratique on distingue deux principaux modèles de planification de l’éducation : la planification indicative et la planification impérative. Mais la manière dont l’une ou l’autre forme est déployée dépend aussi de la hiérarchie à partir de laquelle elle est menée, le haut niveau pour la planification stratégique et le bas niveau pour la planification opérationnelle. 

1.2.1. La  planification indicative

La planification indicative  comme son nom l’indique est un  plan à titre indicatif c'est-à-dire qu’il trace le canevas à suivre par les différents acteurs de la chaine éducative, cela leur  laisse une grande liberté d’action. L’élaboration du plan se fait par concertation sociale en vue d’une adoption consensuelle des objectifs.  L’Etat applique sa politique éducative en vue de réaliser les objectifs du plan en utilisant des voies incitatives. Il s’agit d’un style de planification souple, légère et décentralisée qui propose des perspectives non obligatoires aux agents.

Le plan indicatif, tant pour son élaboration que pour son exécution, suppose un dialogue entre les pouvoirs publics qui conçoivent les grandes lignes du plan, les groupes d’intérêt professionnels, syndicaux, régionaux sans la collaboration desquels le plan resterait lettre morte.

 Ce type de planification a été inspiré de l’idéologie libérale et prévaut depuis l’après deuxième guerre mondiale notamment dans les pays comme la France, le Japon et les pays francophones d’Afrique subsaharienne.

Au Cameroun également, nous avons assisté à une forme de planification indicative depuis l’indépendance à travers les plans quinquennaux.

1.2.2. La planification impérative  

La planification impérative à l’opposé de la planification indicative procède à l’aide d’ordres, d’injonctions émanant du pouvoir central et s’impose à tous les acteurs de la chaine éducative. Il s’agit d’une forme de planification centralisée collectiviste qui réglemente toutes les politiques éducatives à partir des perspectives de développement choisies unilatéralement par l’autorité centrale. Elle se veut être une activité collective qui détermine de façon coordonnée, les buts à atteindre.  De plus la planification impérative définit des principes, des contenus et des moyens de réalisation des  politiques et de  contrôle de l’activité à tous les niveaux.

            Ce type de planification est inspiré de l’idéologie socialiste et a d’ailleurs été le modèle de planification par excellence de l’Union soviétique où l’Etat allait jusqu’à prévoir  des châtiments corporels pour les élèves indisciplinés.

1.2.3. Planification stratégique et planification opérationnelle

La planification stratégique est déployée à partir du niveau supérieur tandis que la planification opérationnelle concerne la base en d’autres termes la première consiste à définir des objectifs institutionnels généraux, à évaluer les performances de l’institution à la lumière de ces objectifs, et à déterminer une stratégie visant à promouvoir la capacité de l’institution à accroitre la portée de son activité, et à atteindre ses objectifs. La seconde quant à elle consiste à créer un cadre de mise en œuvre de cette stratégie. Ces deux types de planification se distinguent également par leur horizon, la planification stratégique est orientée vers le long terme tandis que la planification est basée sur des actions détaillées de courtes durées.       

 

1.3.                    POURQUOI  ET COMMENT PLANIFIER L’EDUCATION ?

Il s’agira dans cette section de dégager  le rôle et l’importance de la planification et de déterminer  les  différentes étapes de l’élaboration du plan.

1.3.1.              Pourquoi planifier ?

Pourquoi planifier l’éducation ? Cette question renvoie au rôle  et à l’importance de la planification de l’éducation. Dans un contexte national caractérisé par une situation économique précaire, une croissance de la population scolarisable et un environnement extérieur  en proie à de profondes mutations scientifiques et technologiques, il est nécessaire pour l’Etat de mener une programmation des différentes actions et opérations à mener à court ou à moyen terme pour atteindre les objectifs escomptés.

La planification s’impose pour plusieurs raisons, elle permet de créer :

-          Un cadre de consultation et de concertation sociale où tous les acteurs interviennent (société civile, partenaires au développement, étudiants…) cela permet à chacun d’exprimer et de proposer sa vision

-          Un cadre de coordination de l’action gouvernementale en particulier dans les pays où plusieurs ministères interviennent dans le secteur de l’éducation comme le Cameroun pour éviter des visions fragmentées et non cohérentes.

-          Un cadre intégrateur des actions de développement de l’éducation en conformité avec les objectifs de développement

-          Un cadre de cohérence financière et de budgétisation à court ou à moyen terme qui définit l’éventail d’options possibles pour le financement de l’éducation.

En définitive la planification permet de visualiser la structure globale du système éducatif.

1.3.2.              Comment planifier ?

La planification porte sur les étapes suivantes dans le cadre du système éducatif : Analyse et estimation  des besoins, formulation des objectifs de politique, Evaluation des moyens requis et identification des sources de financement et enfin programmation des opérations à mener.

·         Analyse et estimation des besoins : Il s’agit au cours de cette étape de passer le système éducatif au scanner pour poser un diagnostic clair autrement dit, il faut analyser les forces et faiblesses du système à partir de la collecte des données et estimer les besoins pour un système optimal.

·         Formulation des objectifs de politique : La formulation des objectifs fait suite à l’évaluation des besoins. Il s’agit pour les acteurs de trouver des réponses aux questions de quel système éducatif avons-nous besoin ? Quelles sont les défis et les opportunités qui s’offrent à nous ? A partir de ces questions, les objectifs réalistes sont alors définis.

·         Evaluation des moyens requis : Il s’agit au cours de cette étape, d’estimer les coûts de différentes actions à mener pour atteindre les objectifs fixés et identifier les mécanismes de financement et de gestion efficaces permettant une meilleure utilisation des ressources.

·         Programmation des opérations : A cette étape, les options choisies sont traduites en actions concrètes suivant un chronogramme détaillé où l’on décrit pour chaque opération, les moyens, les ressources requises, l’horizon et les résultats attendus

  

CONCLUSION

Ce premier chapitre avait pour but d’élucider le concept de planification de l’éducation. Nous avons ainsi rappelé l’évolution du concept dans son contexte historique avant d’en donner une définition. Il s’est également agi de préciser d’une part le rôle et l’importance de la planification et d’autre part, de déterminer les différentes phases d’élaboration du plan. Toutes choses qui nous permettront au prochain chapitre d’étudier un outil de planification.

 

 


CHAPITRE2: LE MODELE DE SIMULATION FINANCIERE COMME OUTIL DE PLANIFICATION

 

La planification de l’éducation telle qu’elle est déployée de manière pratique fait recours à plusieurs outils. Ainsi les «  modèles de simulation financière apparaissent comme des outils par excellence pour la planification » (EPPSSIM 2 .1 guide de l’utilisateur). Il sera question tout au long de définir la notion de modèle de simulation financière, de dégager  son importance et enfin d’étudier un modèle existant.

2.1  DEFINTION ET ROLE DU MODELE DE SIMULATION FINANCIERE

Dans cette section, il s’agira d’abord de définir le modèle de simulation financière avant de déterminer son rôle dans l’élaboration des politiques éducatives.

2.1 .1 Définition

Un modèle de simulation   est un outil d’aide à la décision  qui permet au décideur de « prévoir l’évolution probable d’un système éducatif dans un avenir plus ou moins lointain au moyen d’un nombre plus ou moins limité de données de base et d’hypothèses de développement » (G .-C .Chang et M .Radi , 2001, p.8).

 De façon concrète il s’agit d’un instrument qui permet d’évaluer le coût d’une politique éducative, le décideur peut ainsi faire des simulations de politique et voir des scénarii y relatifs, c’est donc sur cette base c’est à dire en fonction de scénarii réalistes qui tiennent compte des ressources disponibles et des objectifs fixés qu’il est amené à faire des arbitrages pour un choix ou une combinaison de choix optimal. C’est en parti grâce aux informations sur les prévisions de dépenses courantes de fonctionnement et d’investissement que fournit le modèle que le gouvernement élabore une stratégie sectorielle de l’éducation.

En définitive le modèle nous renseigne sur le coût d’une option de politique éducative  et évite notamment la navigation à vue au décideur en lui fournissant un cadre d’analyse comportant des éléments scientifiques sur lesquels il peut s’appuyer.

 

 

 

2 .1 .2 Importance  des modèles de simulation financière

            Les modèles de simulation apparaissent aujourd’hui comme des instruments incontournables qui permettent d’assurer une bonne coordination des politiques éducatives en fournissant notamment, aux décideurs un cadre d’analyse qui leur permet de tester la faisabilité et la viabilité des différentes options de politique éducative avant leur adoption définitive.

En particulier leur action peut être appréciée à différents niveaux du processus de planification à savoir « la conception de la politique éducative, la planification à moyen terme et la budgétisation. » (G .-C .Chang et M .Radi,2001 .P .5)

·            Au niveau de l’élaboration de la stratégie éducative

La conception et l’élaboration de la politique éducative n’est pas aisée, en particulier dans un contexte caractérisé par les problèmes économiques et financiers qui accroissent l’incertitude et au regard, de la densité et de la complexité de l’institution éducative. Le secteur de l’éducation draine plusieurs acteurs et nécessite d’énormes moyens financiers, cela induit non seulement une rationalisation dans l’utilisation des ressources allouées mais aussi la nécessité d’une prise en compte de toutes les variables qui interviennent dans le système d’information. Il faut donc disposer pour cela d’un système d’information fiable et crédible, et c’est à ce niveau que le modèle de simulation contribue de façon évidente à l’élaboration d’une stratégie éducative car il met en relief tous les éléments d’appréciation susceptibles  de faciliter et d’étayer la compréhension  des différents partenaires. Assurément, il s’agit d’un outil de communication pour construire les consensus à quatre niveaux :

1)      Au niveau intra sectoriel entre les responsables au sein du ministère pour la définition de la politique de développement du secteur éducatif

2)      Au niveau intersectoriel entre le ministère en charge de l’éducation et les autres ministères (finance et autres ministères techniques).

3)      Entre le Ministère de l’éducation et les partenaires sociaux de l’école (parents d’élèves, société civile, enseignants).

4)      Au niveau bilatéral ou multilatéral entre le ministère de l’éducation et les partenaires au développement.

·         Au niveau de la programmation à moyen terme

Le modèle de simulation donne une vue prospective d’ensemble du secteur éducatif en se projetant dans l’avenir, il s’agit de prévoir l’évolution certaine des variables éducatives  à des échéances précises. En particulier il permet de déterminer les ressources matérielles et humaines requises pour la réalisation des objectifs éducatifs.

Chaque pays, dans le cadre de la conduite de sa politique éducative doit faire recours à un modèle de simulation qui soit spécifique à son système éducatif, cela induit des actions coordonnées et cohérentes au cours de la période planifiée. « Il fournit les informations sur les besoins en intrants éducatifs et les indicateurs de suivi-évaluation des actions planifiées » (G .-C .Chang et M .Radi 2001, P .8).

Ø  Estimations des besoins : le système éducatif est décomposé en sous secteurs qui entretiennent néanmoins des interrelations organiques entre eux.  Le modèle permet d’estimer les besoins en personnel au cours d’une période donnée (personnel enseignant, personnel administratif, personnel d’appui etc) sur la base des objectifs de politique c’est-à-dire le ratio enseignants/étudiants que l’on désire atteindre. Il s’agit également d’évaluer les besoins en termes d’infrastructures, quel nombre de bâtiments faut-il construire et quels sont les équipements nécessaires en fonction de la population scolaire au cours d’une période déterminée ? Ces estimations peuvent être données en nombre d’amphis, de bureaux et de salles spécialisées. Enfin le modèle fournit l’ampleur des besoins en terme de ressources pédagogiques (livres, matériels didactiques etc)

Ø  Indicateurs de mesure : Les modèles de simulation offrent des éléments de mesure qui permettent à chaque fois d’apprécier l’évolution des différents paramètres. Il s’agit des repères de vérification c’est à dire des indicateurs de suivi-évaluation sur lesquels les différents acteurs s’appuient pour faire à chaque fois une espèce de bilan à mi-parcours.

 

·         Au niveau de la définition des stratégies de financement et de budgétisation

La simulation permet de répondre à une triple question à savoir : « 

-          Quels sont les coûts de l’éducation ?

-          Comment anticiper les besoins financiers futurs ?

-          Comment définir des mécanismes de financement et de gestion efficaces permettant une meilleure utilisation des ressources ? » (Serge Peano, 2008, p.2).

Globalement, il s’agit d’établir des projections sur les dépenses de fonctionnement et d’investissement pour le secteur de l’éducation en conformité avec les objectifs de politique, prévoir et anticiper les ressources nécessaires pour l’accueil des étudiants . Cette anticipation doit prendre en compte à la fois les situations passées et actuelles et la vision souhaitée des systèmes éducatifs futurs. Le modèle apparait donc comme un outil technique de chiffrage  qui sert à évaluer la pertinence et le coût des politiques.

2 .2 DIFFERENTS TYPES DE SIMULATION

 

Cette section présente les différents types de simulation en fonction des deux principales catégories d’approches : Les modèles génériques et les modèles spécifiques d’une part, les modèles budgétaires et les modèles démographiques d’autre part. Ces distinctions ne sont pas exhaustives dans la mesure où l’on peut noter l’existence de plusieurs autres variantes en fonction des aspirations précises de chaque pays.

2 .2 .1 Modèles génériques et modèles spécifiques

            La première variante dite  modèle « modèle à porter » ne correspond à aucune spécificité particulière, il s’agit d’un modèle qui présente les traits communs à la plupart des systèmes éducatifs et se contente de déployer des indications approximatives c’est-à-dire des  orientations générales, il intervient principalement à l’étape de «  prédéfinition  des options de politique éducatives ». Ces modèles présentent l’avantage d’être suffisamment flexibles et peuvent facilement être adaptés dès lors que les données de base du pays sont saisies.

La seconde variante dite modèle « sur mesure » est un modèle adapté à un pays spécifique, il ne peut être utilisé par un autre pays sans une adaptation profonde, il fournit des indications détaillées et requiert des connaissances approfondies en informatique, par contre son élaboration et sa conception  nécessitent un temps plus long.

2.2 .3 Modèles démographiques et modèles financiers

Dans Le modèle financier ou budgétaire, le niveau des dépenses d’éducation est fixé à priori et l’ordinateur effectue des calculs à rebours pour déterminer les objectifs de politique éducative, les variables de décision étant ici budgétaires. A l’inverse dans le modèle démographique, les objectifs de politique éducative sont fixés à l’avance et l’ordinateur se charge de déterminer les enveloppes financières correspondantes, ici les variables de décision ici sont plutôt les objectifs éducatifs.

En réalité, les modèles dits démographiques sont les plus répandus, le modèle de simulation EPPSSim développé par l’UNESCO est un modèle démographique  qui calcule et évalue les besoins en terme de ressources financières résultant des différentes options de politique éducative.

 

2.3 L A SIMULATION INFORMATIQUE

 

Dans cette section, il s’agira de préciser brièvement l’historique de la simulation informatique, et de distinguer les catégories de simulation informatique.

2 .3.1 Historique de la simulation informatique

La simulation informatique désigne le procédé selon lequel on exécute un programme informatique sur un ordinateur en vue de simuler par exemple un phénomène physique complexe . Elle est apparue en même temps que l’ordinateur pendant la deuxième guerre mondiale pour les besoins de la mise sur pied  à Manhattan d’un projet pour concevoir le processus de détonation nucléaire. On notera donc, toujours selon l’encyclopédie libre de Wikipédia que la première simulation informatique en physique fut l’expérience de Fermi-Pasta-Ulam (1953).

Avant le recours à la simulation informatique, les planificateurs de l’éducation utilisaient des outils précaires qui rendaient difficiles l’atteinte des objectifs, il s’agissait des calculatrices simples puis programmables. Par la suite, l’arrivée des premiers PC a permis d’optimiser les choix en terme de politique éducative en incluant d’autres variables tenant sur un horizon plus long.

Aujourd’hui, avec l’apparition des ordinateurs puissants, de très grande capacité mémoire et l’évolution des logiciels de type tableur (Excel), les planificateurs disposent désormais d’outils leur permettant de construire des modèles de simulation nécessaires à la prise de décision.

2. 3 .2         Catégories de simulation informatique

 Selon l’encyclopédie Wikipédia, on distingue trois catégories de simulation informatique :

·         La simulation continue, où la structure de simulation se présente sous forme d’équations différentielles à résoudre, elle est plus complète que résolution analytique.

·         La simulation discrète au cours de laquelle, le système est modifié par une suite d’événements. Elle-même est subdivisée en simulation synchrone et simulation asynchrone.

·         La simulation par agents essentiellement utilisée dans les sciences sociales est divisée en différents modules qui interagissent entres elles.

 

2 .4 EXEMPLE DE MODELE DE SIMULATION FINANCIERE :  EPSSIM

Le modèle EPSSIM (Education Policy and Stratégie Simulation) est un modèle générique qui a été conçu par l’UNESCO en 2OO1. Dans cette section, nous passerons en revue, les principaux objectifs, les caractéristiques et enfin les composantes du modèle

 

    2 .4 .1     Principaux objectifs du modèle EPSSIM

« Le modèle générique a été conçu par l’UNESCO en 2001 pour faciliter la planification et la programmation des actions de développement national de l’éducation.

Globalement, le modèle de simulation a été conçu dans le but de mettre à la disposition des pays engagés dans l’optique de l’Education pour tous en 2015, un outil de planification qui leur permette de tester la faisabilité et la viabilité des différentes options de politique éducatives sur la base des informations disponibles. Il s’agissait également de montrer comment une application informatique peut aider à mieux prévoir l’évolution du système éducatif en évaluant notamment les implications pédagogiques et financières de la politique souhaitée. Ce modèle a été développé à partir du tableur Excel du bouquet Microsoft office.

2 .4 .2 Caractéristiques du modèle EPPSSIM

D’après le guide de l’utilisateur, le modèle présente trois caractéristiques majeures : la flexibilité, la facilité de compréhension et la capacité démonstrative.

·         La Flexibilité du modèle tient au fait qu’il s’agit d’un modèle générique qui peut être transposé à la plupart des systèmes éducatifs car il prend en compte les variables communes aux différents systèmes. Ainsi chaque pays peut l’adapter à son dispositif éducatif, il suffit simplement qu’il soit restructuré de façon à épouser les spécificités du pays concerné.

·         La facilité de compréhension du modèle vient du fait qu’il est facile à manipuler, l’on n’a pas besoin d’être un informaticien chevronné pour l’utiliser, le modèle est présenté sur une interface simple qui offre la possibilité à l’utilisateur de le reconfigurer à sa guise via les menus déroulants qu’il propose. Ainsi, le planificateur saisit les données de son pays de même que les options de politique (hypothèses)  et observent les implications pédagogiques et financières des différents scénarii.

·         La capacité démonstrative découle des différentes orientations que fournit le modèle, l’utilisateur est orienté sur les étapes de la simulation à partir de la saisie des données jusqu’aux résultats des projections. De plus, le modèle permet d’évaluer avec célérité, les coûts des différentes décisions de politique.

2 .4.3  Composantes du modèle

Le modèle est construit à partir de trois composantes  essentielles à savoir les données de base, les hypothèses et les résultats des projections.

·         Les données de base

 La première composante d’EPSSIM concerne les données d’une année de référence, année initiale ou année de base. Ainsi le véritable défi pour le planificateur, est de rassembler les données fiables qui vont servir de base à la construction de la simulation. Les concepteurs d’EPPSSIM  pour faciliter sa compréhension, ont subdivisé le modèle en sous modèles pour chaque niveau d’enseignement (enseignement primaire, enseignement secondaire, enseignement supérieur, enseignement professionnel et technique, etc.) On distingue ainsi cinq grands modules : le module des effectifs scolaires, le module du personnel, le module des infrastructures et des équipements, le module des coûts et des dépenses et enfin le module de financement. Pour tous ces modules, les données existantes d’une année de base doivent être mobilisées pour permettre des projections réalistes.

·         Les hypothèses ou options de politique

La deuxième composante d’EPSSIM concerne les hypothèses ou variables de décision, tout comme les données de base, elles sont classées par niveau d’enseignement (primaire, secondaire, supérieur, professionnel et technique) et par module (module des effectifs, module du personnel, module des infrastructures, modules des dépenses, module de financement). Les hypothèses dépendent des spécificités de chaque système éducatif car « les objectifs sont définis plus que jamais en tenant compte des problèmes d’équité et des référents socioculturels » (G.-C .Chang et M .Radi, 2001). Les planificateurs sur la base des données existantes et fiables d’une année initiale décident de l’orientation à donner au système éducatif en formulant les objectifs de politique. Un exemple de variable de décision sur laquelle l’on peut intervenir dans EPSSIM est le taux brut de scolarisation, le planificateur peut décider de revoir ce taux à la hausse puis d’observer les implications financières et pédagogiques.

·         Les résultats

La dernière composante est le résultat des projections, une fois les données de base et les options de politique introduites, le modèle effectue des calculs pour produire les prévisions en fonction des paramètres de politiques définis. Les résultats peuvent être chiffrés ou présentés sous forme graphique. Globalement, les scénarii portent sur les effectifs scolaires, les besoins en personnel, les besoins en infrastructure et les enveloppes financières requises pour atteindre les objectifs de politique.

 

CONCLUSION

Le précédent chapitre a permis de relever l’importance des modèles de simulation financière en tant qu’outil de planification de l’éducation, en particulier nous avons revisité  la simulation numérique dans son contexte historique et actuel étant entendu que les modèles de simulation financière sont conçus aujourd’hui à l’aide des applications informatiques de type tableur. Enfin il  présente le modèle de simulation EPSSIM conçu par l’UNESCO en 2001 pour répondre aux objectifs de l’Education pour tous en 2015 (EPT).   

 

 

 

 

 


CHAPITRE 3: ETUDE PROSPECTIVE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AU CAMEROUN

 

La conception d’un modèle de simulation financière recommande au préalable que soit dressé le système d’information de l’organisation à laquelle elle s’adresse. Ainsi, le présent chapitre vise non seulement à présenter  l’enseignement supérieur au Cameroun à travers sa structure institutionnelle et les principales missions qui lui sont dévolues mais aussi, de dresser l’Etat des lieux du système académique à travers une analyse de ses forces et ses faiblesses.

3 .1 ORGANISATION ET MISSIONS DE L’ENSEIGNEMENT  SUPERIEUR AU CAMEROUN

 

Dans cette section, il s’agira de présenter d’une part, la structure institutionnelle de l’enseignement supérieur au Cameroun à travers ses différents démembrements et d’autre part de définir les attributions du ministère de l’enseignement supérieur.

3 .1 .1 Structure organique de l’enseignement supérieur au Cameroun

Le système éducatif camerounais est subdivisé en trois catégories  d’enseignement (primaire, secondaire, supérieur) qui correspondent également à trois institutions distinctes, le Ministère de l’éducation de base pour le primaire, le Ministère des enseignements secondaires pour le secondaire et le Ministère de l’enseignement supérieur pour le supérieur. A ces institutions s’ajoute aussi le Ministère de l’emploi et de la formation professionnelle.

Le Ministère de l’enseignement supérieur, institution en charge de l’enseignement post secondaire au Cameroun a connu une évolution notable. En particulier dans un environnement caractérisé par une demande de formation sans cesse croissante et de nombreuses mutations technologiques nécessitant de nouvelles approches  en termes d’offre de formation. Ainsi du 02 avril 1963, date de création de la première institution d’enseignement supérieur au Cameroun, jusqu’à nos jours, plusieurs réformes de l’enseignement supérieur se sont succédées avec en prime, le souci de l’adapter à la nouvelle donne c'est-à-dire, l’inscrire dans la modernité. D’une unique université en 1963, le Cameroun compte aujourd’hui une structure institutionnelle dense et diversifiée  en termes d’établissements universitaires.

La libéralisation de l’enseignement supérieur au Cameroun a favorisé l’émergence des établissements supérieurs privés. Cela contribue à densifier la structure institutionnelle et accroitre l’offre de formation.

De façon concrète l’organisation de l’enseignement supérieur peut être découpée à trois niveaux à savoir, les services centraux du ministère, les institutions publiques d’enseignement supérieur, les institutions privées d’enseignement supérieur dont le ministère assure le contrôle et la réglementation.

·         Les services centraux

Le ministère de l’Enseignement supérieur est placé sous l’autorité d’un ministre, il dispose de plusieurs structures qui sont chargées  de coordonner à partir du niveau central, l’ensemble des activités du ministère. Il s’agit :

-          Du secrétariat particulier

-          Des conseillers techniques

-          De l’inspection générale des services

-          De l’inspection générale des affaires académiques

-          D’une administration centrale

 

·         Institutions publiques d’enseignement supérieur

Il s’agit des institutions publiques qui assurent l’ensemble des enseignements et des formations post secondaires. Six universités d’Etat ont été créées à la faveur du décret N° 93/026 du 19 janvier 1993.

-          L’université de Yaoundé I

-          L’université de Yaoundé II

-          L’université de Dschang

-          L’université de Buea

-          L’université de Ngaoundéré

Il faut par ailleurs noter que chacune de ces universités dispose en son sein des Grandes Ecoles et Instituts. En plus des universités d’Etat, l’on note l’existence des établissements publics d’enseignement supérieur à statut particulier qui relèvent soit de la tutelle du ministre de l’enseignement supérieur soit de la tutelle conjointe d’un autre département ministériel et du ministre chargé de l’enseignement supérieur.

 

 

 

·         Institutions privées d’enseignement supérieur

A la faveur de la libéralisation du secteur éducatif, l’Etat camerounais a autorisé à ce jour la création et l’ouverture de plusieurs  établissements privés d’enseignement supérieur qui viennent ainsi suppléer l’action de l’Etat en termes d’offre de formation. Ces institutions sont créées à l’initiative des personnes physiques ou morales.

3 .1 .2 Principales missions de l’Enseignement Supérieur

Les missions assignées à l’Enseignement supérieur s’inscrivent dans le cadre global de la politique d’éducation au Cameroun. Ainsi la loi de l’orientation de l’Enseignement supérieur stipule en son article1 alinéa 2 que « l’Etat assigne à l’Enseignement Supérieur une mission fondamentale de production, d’organisation et de diffusion des connaissances scientifiques, culturelles, professionnelles et ethniques pour le développement de la Nation et le progrès de l’Humanité ».

La même loi dans l’article 6 du chapitre précise les objectifs de l’Enseignement Supérieur. Il s’agit des objectifs suivants :  

-          La recherche de l’excellence dans tous les domaines de la connaissance ;

-          La promotion de la science, de la culture et du progrès social ;

-          La promotion sociale, avec la participation des structures nationales compétentes et des milieux socioprofessionnels notamment en ce qui concerne la définition des programmes et l’organisation des enseignements théoriques, des travaux pratiques et des stages ;

-          L’appui aux activités de développement ;

-          La formation et le perfectionnement des cadres ;

-          Le renforcement du sens éthique et de la conscience nationale ;

-          La promotion de la démocratie et le développement de la culture démocratique ;

-          La promotion du bilinguisme. 

-          C’est donc dire au regard des nombreuses missions et objectifs assignés à ce secteur de l’éducation qu’il peut véritablement contribuer au Développement de la nation.

3 .2 ETAT DES LIEUX DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AU CAMEROUN

La présente section vise à faire une analyse qualitative et quantitative de l’enseignement supérieur au Cameroun.

3 .2 .1 Caractéristiques  de l’enseignement supérieur au Cameroun

 

Comme dans la plupart des pays de la sous région, ce secteur de l’éducation autre fois prioritaire des budgets nationaux est émaillé  de nombreuses difficultés aujourd’hui. Celles ci tiennent pour la plupart  à l’insuffisance des infrastructures, à la faiblesse dans les conditions d’encadrement et aux faibles rendements (Bethuel Makossa, 2006)

·         Insuffisance des infrastructures éducatives

L’une des caractéristiques de l’Enseignement supérieur au Cameroun est la faible capacité d’accueil de ses structures. En effet, on note une inadéquation entre le nombre d’étudiants inscrits dans nos universités qui suit une croissance exponentielle et les infrastructures existantes qui restent presque statiques (Salles de cours, travaux dirigés, laboratoires etc), le faible équipement des bibliothèques, le manque de restaurants universitaires. Ainsi l’annuaire statistique 2008 de l’Enseignement supérieur au Cameroun indique pour cette même année un nombre d’étudiants de 150932 dont 130872 dans les universités d’Etat et 20060 dans les institutions privés d’enseignement supérieur (IPES) soit une croissance globale de 14,26% par rapport à l’année 2007  susceptible de doubler tous les 6 ans. Même si l’annuaire ne donne pas des précisions sur l’évolution des structures d’accueil, l’on se rend compte à l’évidence à partir d’une observation des faits que dans nos universités, les amphis, les laboratoires et autres salles spécialisées sont surpeuplés.

·         Les  faiblesses dans les conditions d’encadrement

Les faiblesses dans les conditions d’encadrement se résument à l’insuffisance des enseignants par rapport au nombre des étudiants qui croit de façon exponentielle, à la faible ouverture des institutions d’enseignement supérieur aux plateformes internationales de recherche et aux fortes disparités entre les enseignants de rang magistral et les assistants.

Le tableau suivant de l’annuaire statistique 2008 de l’Enseignement Supérieur donne un ensemble d’indicateurs sur l’encadrement des étudiants.


 

Tableau 1-Indicateur sur l'encadrement des enseignants

Indicateurs sur l’encadrement des enseignants

 

2005

2006

2007

2008

1

Effectif sur les personnels enseignants

2225

2226

2179

2748

 

dont professeur

119

115

151

169

 

dont maitre de conférences

232

244

275

298

 

Dont chargé de cours

1132

1074

1127

1223

 

Dont assistants

742

786

560

893

 

Dont ATER

 

 

66

165

 

 

2

Effectifs de l’université de Buea

224

224

237

275

 

 

3

Effectifs de l’université de Douala

380

408

449

605

4

 

5

Effectifs de l’université de Dschang

335

327

329

403

 

 

6

Effectifs de l’université de Ngaoundéré

175

187

181

264

 

 

7

Effectifs de  l’université de YaoundéI

804

773

713

935

 

 

 

Effectifs de l’université de YaoundéII

307

255

270

266

  

 


 

Tableau 2- Ratio d'encadrement (étudiants/enseignants)

Ratios d’encadrement (étudiants /enseignants)

 

2005

2006

2007

2008

 

Universités d’Etat

45

54

61

55

 

1

Buea

39

50

53

52

 

2

Douala

49

50

53

52

 

 

 

 

 

 

3

Dschang

30

40

35

34

 

 

4

Ngaoundéré

56

59

64

48

 

5

Yaoundé I

33

40

45

36

 

6

Yaoundé II

61

91

93

108

 

 Tableau 2 : Ratios d’encadrement (étudiants /enseignants)

 

·         Les faibles rendements

L’Enseignement Supérieur au Cameroun est caractérisé par des taux d’échecs élevés, en effet d’après le tableau d’indicateurs clef du système éducatif fourni par le draft de la stratégie sectorielle de l’éducation au Cameroun, la durée moyenne d’achèvement du cycle licence est de 7ans. De plus, même en l’absence de statistiques sur les différents taux d’insertion des diplômés de l’Enseignement Supérieur dans  le marché de l’emploi, le constat à l’évidence, est à une faible insertion du fait de l’inadaptation des programmes de formation aux réalités du monde du travail. Tout cela traduit une certaine inefficacité de l’Enseignement Supérieur au Cameroun. 

Malgré le tableau peu reluisant de ce secteur de l’éducation au Cameroun, l’on note tout de même une volonté politique forte de la part des pouvoirs publics, en particulier, un effort est mené pour rapprocher l’université de l’étudiant, la création récente de l’université de Maroua en est une illustration. De plus la multiplication des institutions privées d’Enseignement supérieur vient suppléer l’action de l’Etat et complète ainsi la capacité d’accueil au niveau du supérieur. Par ailleurs sur le plan qualitatif, la promotion du bilinguisme et l’intégration progressive des technologies de l’information et de la communication (TIC) sont autant d’atouts que présente notre système éducatif.  Enfin l’on note une participation active et un intérêt certain de la part des bailleurs de fonds pour contribuer à l’amélioration de la qualité de l’Enseignement Supérieur.

3 .2 .2 Identification des sources de problème

 

L’Enseignement Supérieur est en proie à d’énormes difficultés dont certaines viennent d’être ébauchées  à la section précédente. Pour Bethuel Makossa, ces difficultés sont justifiées par trois facteurs respectivement d’ordre économique, institutionnel et sociopolitique.

·         Facteurs économiques

La crise économique qui sévit au Cameroun depuis les années 80 n’a pas épargné l’Enseignement Supérieur, son impact sur ce secteur de l’éducation peut être appréhendé à divers niveaux.

D’abord sur le degré de priorité accordé au secteur de l’éducation dans le budget de l’Etat. Pour cela on peut se référer à l’évolution des budgets alloués à l’Enseignement supérieur dans la décennie 90 pour constater que ceux-ci ont tous simplement régressé pendant cette période. La crise économique ayant entrainé la baisse drastique des recettes de l’Etat et par voie de conséquence une austérité budgétaire généralisée à tous les secteurs de la vie. Le tableau suivant donne une perception de la part des dépenses d’éducation dans les dépenses publiques au Cameroun.

Néanmoins depuis l’année 2006, on note une embellie dans les dépenses prévisionnelles du système d’Enseignement Supérieur public, en effet ces agrégats croissent à un rythme annuel moyen de 19% (Annuaire statistique ,2008) cela s’explique par l’accès du MINESUP au fonds PPTE et à L’IADM.

Ensuite, la précarité dans le mode de financement des études en est  également un facteur. La récession économique a obligé l’Etat à réduire voire à suspendre les bourses et autres aides sociales qui jadis étaient l’expression de l’Etat providence. Cela peut en partie expliquer les mauvaises performances enregistrées dans les universités car les parents se sont aujourd’hui substitués à l’Etat et il leur est très difficile d’assurer pleinement le financement des études de leur progéniture dans un environnement caractérisé par une pauvreté rampante. C’est pourquoi les études universitaires s’apparentent aujourd’hui à un luxe pour les familles démunies.

Enfin, l’on peut citer la condition de l’enseignant du supérieur comme étant un facteur de démotivation. En effet, le faible niveau des salaires, ajouté aux conditions précaires de l’environnement de travail ont une incidence directe sur la qualité de l’enseignement.  

·         Les facteurs d’ordre institutionnel

Les facteurs institutionnels peuvent également être appréhendés à plusieurs niveaux d’analyse.

Le premier niveau est  la faiblesse institutionnelle dans l’orientation des étudiants. En principe l’orientation académique devrait jouer un rôle important dans la régularisation des flux d’étudiants dans le souci de les repartir dans les différentes formations en fonction de leurs aptitudes. Mais à l’observation des faits, l’on observe une certaine souplesse de la part des services d’orientation académique dans nos universités. Cela induit inévitablement des performances médiocres de la part des étudiants.

Le second est la faible insertion des institutions universitaires aux réseaux internationaux de recherche. Il s’agit pour nos universités de s’ouvrir à l’international pour non seulement s’arrimer aux standards mondiaux en terme de formation mais aussi pour  bénéficier de l’expertise extérieure sous quelque forme que ce soit.

·         Les facteurs historiques et sociopolitiques       

L’héritage de la colonisation a un poids considérable sur la structure qualitative de l’Enseignement Supérieur. En effet la plupart des programmes d’enseignement date de L’époque coloniale, bien évidemment ces programmes de formation n’ont pas évolués substantivement pour s’adapter aux exigences de la modernité. Aussi assistons- nous à la primauté des disciplines dites littéraires ou générales au détriment de la science et de la technique. La conséquence est l’inadéquation formation/emploi surtout dans le secteur privé puisque les formations actuelles prédisposent plus à des postes administratifs dans la fonction publique.

            Par ailleurs les problèmes de gouvernance entrainent la mauvaise définition des priorités ce qui contribue à réduire l’Enseignement Supérieur à sa portion congrue. A cela  s’ajoute les nombreuses grèves qui ont quelque peu retardé l’évolution de ce secteur de l’éducation.

 

3 .3 QUELQUES PERSPECTIVES

 

 Pour remplir avec efficacité ses missions, les axes d’une « politique efficace pour l’amélioration et la transformation de l’enseignement supérieur  » (Bethuel Makossa, 2006, p.82) doivent être menés. Ces axes qui participent de la planification de l’éducation concernent non seulement les sources de financement mais aussi la structure qualitative et quantitative de l’enseignement supérieur.

·         Création des sources de financement

Les responsables de l’enseignement supérieur doivent œuvrer dans le sens de la création de nouvelles sources de financement car les ressources publiques à elles seules ne peuvent couvrir tous les besoins éducatifs.

Ainsi, l’intensification de la recherche et de la coopération peut drainer plusieurs financements via l’augmentation de la production scientifique, la multiplication des partenariats internationaux (bailleurs de fonds)  notamment à travers la diffusion des livres, des articles et la coopération interuniversitaire internationale.

De plus, une plate forme de coopération doit être créée entre les institutions d’enseignement supérieur  et le monde du travail à travers des formations continues  qui constituent une source potentielle de financement.

·         Amélioration qualitative et quantitative de l’enseignement supérieur

La question de l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur peut être appréhendée à deux niveaux.

D’abord sur le plan de la qualité de la gouvernance universitaire, des réformes portant notamment sur les nouvelles formes de management doivent être enclenchées c'est-à-dire des règles de gestion axées sur la bonne gouvernance (transparence financière, décentralisation effective, communication etc).

Ensuite sur le plan qualitatif, un réaménagement dans le contenu des programmes de formation mieux, une diversification est nécessaire. Ceci  pour offrir aux étudiants une formation adaptée qui convienne à leurs aspirations et aptitudes et qui soit en adéquation parfaite avec les exigences du monde du travail. Dans le même ordre d’idées, le processus de professionnalisation des enseignements doit être accéléré notamment avec la généralisation du système LMD (Licence Master Doctorat). Par ailleurs, les institutions universitaires doivent résolument s’inscrire dans la modernité avec en prime l’appropriation des technologies de l’information et de la communication (TIC). Enfin l’Etat doit s’atteler à améliorer la condition des enseignants en leur offrant non seulement un environnement et un cadre de travail attrayant mais aussi revalorisation de leur statut, de façon à pouvoir créer l’émulation et la motivation.

 

CONCLUSION    

 

Ce troisième chapitre dont le but était de faire une étude prospective de l’Enseignement Supérieur, a permis non seulement de recenser les principales missions et objectifs dévolus  à ce secteur de l’éducation, mais aussi de présenter les différentes structures organiques qui sont chargées de les mettre en œuvre. Il s’est également agi de dresser l’état des lieux actuel de l’enseignement supérieur afin d’analyser ses forces et faiblesses pour déboucher enfin, sur quelques approches de solution.

Cette analyse nous aura conforté sur l’idée de la nécessité de concevoir un modèle de simulation financière des politiques éducatives dans l’optique de mieux planifier l’enseignement supérieur. 


CHAPITR4: MODULE DE DEPENSES DU MODELE DE SIMULATION

 

Après avoir présenté le cadre théorique qui sous-tend la conception et l’usage des modèles de simulation financière, Il s’agit dans le présent chapitre  de construire le module de dépenses du modèle de simulation financière des politiques éducatives de l’Enseignement supérieur.

4 .1 APPROCHES PRELIMINAIRES

 

Il sera question dans cette section, de justifier le choix de l’outil d’implémentation du module et  de préciser les principales fonctions Excel utilisées dans l’élaboration du modèle.

4 .1 .1 Justification du choix du tableur Excel

Le module de dépenses a été élaboré dans l’environnement du tableur Excel. En effet  ce logiciel possède  de nombreuses caractéristiques. (Microsoft 2007)

-          Il offre de nombreuses fonctions utilisables à l’intérieur des formules, on distingue différentes catégories dans les domaines suivants : statistique, logique, scientifique, financier, chaines de caractères etc.

-          Il offre également des possibilités diverses de présentation graphique, car un bon graphique est plus représentatif qu’une multitude de nombres.

-          Il permet la programmation par macro-commandes, cela permet d’automatiser certaines opérations répétitives

-          Il permet la consolidation des résultats. On entend par-là, la capacité du logiciel à résumer sur une feuille de calcul supplémentaire, les résultats provenant d’autres feuilles de calcul.

-          Il permet de faire la simulation financière ou scientifique. Les financiers et les scientifiques utilisent fréquemment les tableurs pour la simulation de modèles dans leur domaine respectif.

-          Il permet enfin l’entrée de données sous forme de fiches et leur manipulation comme avec un logiciel de base de données (tri, recherche, sélection, etc)

 

 

4 .1 .2 Présentation du tableur Excel et des principales fonctions utilisées

 

Nous allons successivement présenter la structure d’une feuille de calcul, les formules, les opérateurs arithmétiques, les opérations relationnels et logiques, les fonctions et la copie des formules

·         Structure d’une feuille de calcul

Une feuille de calcul est constituée de lignes et de colonnes dont les intersections forment les cellules. Ces dernières sont généralement repérées par des lettres (ou des combinaisons de lettres) et des nombres. On parlera par exemple de la cellule C4, représentant l’intersection de la colonne c avec la ligne numéro 4. On dira aussi que C4 représente la référence ou l’adresse de la cellule en question.

Chacune des cellules d’une feuille de calcul peut contenir soit du texte, soit un nombre, soit une formule.

            L’originalité du tableur EXCEL réside dans sa capacité à recalculer tous les résultats affectés par une modification du contenu d’une ou plusieurs cellules.

·         Les formules

Une formule n’est rien d’autre que la traduction d’une expression mathématique dans un langage informatique approprié. Dans un tableur une formule commence toujours par le signe =. Une expression dans un langage de tableur peut contenir des nombres, des opérateurs, des fonctions et des références à des cellules ou des plages de cellules.

 

·         Opérateurs arithmétiques

Les opérateurs arithmétiques permettent de combiner des résultats d’expressions numériques, ainsi que des nombres.

 

·         Les fonctions    

Une fonction est un petit programme exécutant un travail particulier (calcul d’une somme, d’une moyenne, etc). Une fonction est utilisée dans une formule après le signe= et retourne toujours une valeur qui sera  soit affichée dans la cellule, soit utilisée dans le calcul d’une expression complexe.

Les principales fonctions que nous avons utilisées dans l’élaboration du module sont : la fonction qui calcule la somme d’une série de valeurs, la fonction moyenne qui calcule la moyenne d’une série, la fonction Max qui calcule le maximum d’une liste de valeurs, la fonction Min qui calcule le minimum d’une liste de valeurs, la fonction Arrondi qui renvoie l’arrondi de l’argument nombre à un certain nombre de décimales et la fonction SI est un test logique.

·         La copie des formules

Lorsque l’utilisateur copie une formule, les références qu’elle contient sont automatiquement mises à jour. Cette caractéristique nous a permis d’appliquer une même formule à un ensemble de nombres, sans devoir saisir cette formule plusieurs fois.

4 .2 PRESENTATION DU MODULE DE DEPENSES

 

Le module de dépenses du modèle de simulation financière des politiques éducatives a pour but de projeter les dépenses de l’enseignement supérieur sur la base des informations fournies par les autres modules qui composent le modèle général (module des effectifs, module des personnels, module des infrastructures).  Les objectifs d’éducation étant fixés à priori, l’ordinateur calcule les enveloppes financières correspondantes qui en deviennent la conséquence.  Il s’agit ici donc d’un modèle démographique et spécifique à l’enseignement supérieur du Cameroun.

Cette section vise à présenter l’architecture du module et les étapes de la simulation

4 .2 .1 Architecture du module

Le module de dépenses  donne les estimations financières des besoins éducatifs  sur la base des informations que lui fournissent  les autres modules. Ces informations sont  prises  comme donnée du modèle (voir schéma des flux du modèle de simulation à la page suivante).

Le module de dépenses est subdivisé en deux blocs : Les dépenses de fonctionnement et les dépenses d’investissement.

-          Le bloc des dépenses de fonctionnement

Les dépenses de fonctionnement ou dépenses courantes sont les ressources utilisées chaque année pour les activités des établissements universitaires. Ces dépenses peuvent être subdivisées en trois grandes catégories : La rémunération des personnels, les dépenses pour les biens et services (entretien des bâtiments, matériel pédagogique) et les autres dépenses de fonctionnement (subventions aux institutions privées et aux ménages, transferts et à d’autres collectivités publiques ou à l’étranger).

En ce qui concerne la rémunération des personnels, nous avons classé le personnel  en différents groupes : les personnels enseignants, les personnels fonctionnaires, les personnels contractuels, les assistants techniques et les agents d’appui. De même, les différences de grades et d’échelons ont été prises en compte au sein de chaque groupe de personnel, le salaire étant fonction du grade.

S’agissant des autres dépenses de fonctionnement, nous avons considéré les charges relatives au matériel didactique (matériel d’apprentissage, guides pour enseignant etc) et aux différents appuis aux étudiants (aides, bourses d’études, cantines scolaires etc). 

-          Le bloc des dépenses d’investissements

Les dépenses d’investissements ou dépenses en capital sont les dépenses imputables aux avoirs dont la durée de vie est supérieure à un an (constructions, rénovations et réparations importantes des bâtiments, acquisition des équipements).

Il s’agit des dépenses qui couvrent les besoins en espace scolaire, nous avons distingué dans le cadre de notre module les besoins en terme d’espace d’amphis, d’espace de laboratoires, d’espace de salles spécialisées, d’espace de bureaux et en équipements.

4 .2 .2 Etapes de la simulation

Le processus de simulation dans le module de dépenses est subdivisé en trois principales étapes suivant un cheminement logique : la mobilisation des données de l’année de référence qui servent de base aux projections, la définition des objectifs de politique éducative et la production des résultats de projections.

-          Mobilisation  et identification des données de base

Les données de base servent à l’établissement des prévisions selon les objectifs de politique quantitativement définis.

Dans le cadre de l’élaboration de notre module,  nous avons considéré deux types de données à savoir les données endogènes et les données exogènes.

Les données endogènes sont les informations fournies par les autres modules  qui nous servent de base de projection. Nous avons considéré comme données endogènes :

-          Les effectifs d’étudiants au supérieur

-          Les effectifs des personnels

-          Les besoins en espaces éducatifs nouveaux

-          Les besoins en nouveaux équipements

Les données exogènes sont les données extérieures au modèle, il s’agit ici des coûts unitaires c’est-à-dire :

-          Les salaires par catégorie de personnel

-          Le coût d’un mètre carré (m2) d’espace éducatif

-          Le cout d’un mètre carré (m2) d’équipement 

-          Le cout unitaire de chaque type de matériel didactique

-          Le montant des aides aux étudiants

 

·         Définition des objectifs de politique éducative

La deuxième étape de la construction de notre modèle est la définition des options de politique. Il s’agit des indicateurs sur lesquels le décideur peut agir et observer par la suite les conséquences inhérentes aux différentes modifications.

Dans le cadre de notre travail, nous avons retenu les indicateurs en fonction des blocs de dépense.

S’agissant des dépenses de fonctionnement, en particulier en ce qui concerne les dépenses de personnel, un paramètre de simulation a été retenu à savoir le taux d’augmentation du salaire et la durée de cette augmentation. Pour ce qui est des autres dépenses de fonctionnement (dépenses pédagogiques), le paramètre de simulation est l’évolution du prix des matériels didactiques.

Quant aux dépenses d’investissement, les indicateurs retenus sont l’évolution des prix des matériaux et des équipements sur une certaine période.

 

·         La construction des scénarios

La troisième étape enfin concerne les résultats des projections. Sur la base des données de l’année de référence et des hypothèses émises par le décideur, le module génère automatiquement les résultats des projections conformément aux formules statistiques introduites.

Le module donne les projections sur les estimations de salaire, les estimations sur  les coûts de matériels pédagogiques, les estimations sur les coûts de mètre carré d’infrastructure et d’équipement sur un horizon donné.

Les différentes étapes de la simulation sont résumées par le schéma suivant :

 

 

 

 

Figure 1-Architecture du module de Dépenses

 

Hypothèses

-Salaires moyens / catégorie de personnel

-coût unitaire/espace et équipement

              Données

- Besoins en nouveaux espaces    et nouveaux équipements

-  Besoins en personnel

Projections des :

-          Dépenses de fonctionnement

 

-          Dépenses d’investissement

Module de dépense

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



4.3 CONSISTANCE DU MODULE

 

Conformément à l’approche méthodologique précédemment évoquée, le module  a été élaboré  suivant les deux catégories de dépenses.

4 .3 .1 La simulation des dépenses de fonctionnement

 

L’année de référence est choisie pour être la plus récente et pour laquelle les informations complètes et fiables peuvent être mobilisées. Il s’agit ici de l’année 2008.

 

·         Simulation des dépenses de personnel

A ce niveau les estimations dépendent des facteurs suivants : le nombre moyen d’étudiants par enseignant qui permet de calculer l’évolution du nombre d’enseignants nécessaires dans les universités sur la période des simulations, le nombre de personnel non enseignants, le niveau moyen des salaires des enseignants et des personnels non enseignants dans le secteur public.

Les données endogènes sont inscrites dans les cellules bleues, il s’agit comme indiqué précédemment des données qui traduisent les besoins en personnels dans les universités tandis que les données exogènes sont inscrites dans les cellules grises, il s’agit des niveaux moyens de salaires par catégorie de personnel.

La simulation se fait ici en deux étapes :

·         on estime d’abord les salaires des personnels sur la base de l’hypothèse d’une augmentation ou d’une diminution probable du niveau des salaires sur une période déterminée. Il s’agit là d’un paramètre susceptible de changement suivant les divers scénarios de simulation. Ces paramètres sont inscrits dans les cellules jaunes.

De façon générale si nous notons :  le salaire moyen d’un personnel de catégorie j à l’année i et  , le taux d’augmentation moyen du niveau de salaire d’un personnel de catégorie j. Les salaires estimés sont donnés par la formule suivante :

  j peut prendre les valeurs : Professeur, maitre de conférences, chargé de cours, assistants, fonctionnaire catégorie (a, b, c, d), contractuels  etc.

 ,  G étant le taux d’augmentation global du salaire sur un nombre d’années 

·         Ensuite on estime les dépenses en personnel, pour cela, il suffit de multiplier les coûts unitaires c’est-à-dire, les salaires estimés chaque année par catégorie de personnel par les effectifs projetés des besoins en personnel y correspondant.

La formule de simulation est alors la suivante :

    est la dépense relative aux personnels de la catégorie j à l’année i et  est le besoin en personnel de la catégorie j à l’année i exprimé en nombre de personnel.

            La dépense totale  de personnel D est donnée par la formule suivante :

D  Σ

 

·         Simulation des autres dépenses de fonctionnement

Ces dépenses concernent les activités d’administration, d’appui pédagogique, de fournitures de manuels scolaires et de matériels pédagogiques ainsi que des bourses scolaires. Pour des raisons de simplicité, nous avons considéré deux postes de dépenses à savoir : Les dépenses pédagogiques et les dépenses relatives  aux bourses et autres aides.

S’agissant des dépenses pédagogiques, elles sont estimées sur la base de l’hypothèse d’un taux de dépenses susceptible d’augmenter ou de diminuer sur une période déterminée, cela dépend de la politique éducative que le décideur veut mener.

 

La formule de simulation est la suivante :

   est le montant de la dépense pédagogique de l’Etat par étudiant de la filière j à l’année i et  le taux de dépense pédagogique de l’Etat dans la filière j.

La dépense pédagogique par filière    est donnée par la formule de simulation :

        est l’effectif des étudiants de la filière j à l’année i

La dépense pédagogique totale  est donnée par :

 Σ  ,  j représente toutes les filières possibles (Education, ingénierie, sciences humaines etc ) et i représente les valeurs de L’année à partir de l’année de base jusqu’à l’année cible.

-Les dépenses de bourses et autres aides  sont simulées suivant le même principe ;

   Σ      est la dépense de l’Etat dans la filière j à l’année i en matière de bourse.

4 .3 .2 Simulation des dépenses d’investissement

La méthodologie de simulation est la même que celle utilisée dans la simulation des dépenses de fonctionnement, l’année de référence étant toujours l’année 2008. Ces dépensent se répartissent en dépenses d’infrastructure et en dépenses d’équipement          .

·         Simulation des dépenses d’infrastructures

A ce niveau, les estimations dépendent des facteurs suivants : le nombre moyen d’étudiants par mètre carré d’infrastructure qui permet de calculer l’évolution de la surface d’infrastructure nécessaire dans les universités sur la période des simulations (données endogènes fournies par le module d’ infrastructure), le coût unitaire d’un mètre carré d’infrastructure, il s’agit d’une exogène. L’unité de mesure est ici le mètre carré d’infrastructure.

Comme dans la simulation des dépenses de fonctionnement, Les données endogènes sont inscrites dans les cellules bleues, il s’agit comme indiqué précédemment des données qui traduisent les besoins en espaces nouveaux dans les universités tandis que les données exogènes sont inscrites dans les cellules grises, il s’agit du coût unitaire du mètre carré d’infrastructure  par catégorie d’infrastructure

La simulation se fait  ici en deux étapes :

·         on estime d’abord le coût unitaire du mètre carré d’infrastructure sur la base de l’hypothèse d’une augmentation ou d’une diminution probable du taux d’inflation sur une période déterminée. Il s’agit d’un paramètre susceptible de changement suivant les divers scénarios de simulation. Ces paramètres sont inscrits dans les cellules jaunes.

De façon générale si nous notons : , le coût unitaire du mètre carré (m2) d’infrastructure  de catégorie j à l’année i et  , le taux d’inflation sur le marché des infrastructures de catégorie j.

La simulation des coûts estimés est donnée par la formule suivante :

     j peut prendre les valeurs : Amphi, laboratoires, salles spécialisées, bureaux, chambres, etc)

 , GI étant le taux d’inflation global du sur un nombre d’années 

·         Ensuite on estime les dépenses en nouveaux espaces  d’infrastructure, pour cela, il suffit de multiplier les coûts unitaires c'est-à-dire, le coût estimé du mètre carré d’espace scolaire chaque année par catégorie d’infrastructure par les effectifs projetés des besoins en surface d’infrastructure.

           

La formule de simulation est alors la suivante :

   est la dépense en nouveaux espaces d’infrastructure de catégorie j à l’année i et est le besoin en nouveaux espaces d’infrastructure de catégorie j à l’année i exprimé en mètre carré.

La dépense totale  d’infrastructure  DIN est donnée par la formule suivante :

     DIN Σ

 

·         Simulation des dépenses d’équipement

            Les estimations dépendent des facteurs suivants : le nombre moyen d’étudiants par mètre carré d’équipement qui permet de calculer l’évolution de la surface d’équipement nécessaire dans les universités sur la période des simulations (données endogènes fournies par le module d’infrastructure), le coût unitaire d’un mètre carré d’équipement, il s’agi. L’unité de mesure est ici le mètre carré (m2) d’équipement.

Comme dans la simulation des dépenses d’infrastructure, Les données endogènes sont inscrites dans les cellules bleues, il s’agit comme indiqué précédemment des données qui traduisent les besoins en équipements nouveaux dans les universités tandis que les données exogènes sont inscrites dans les cellules grises, il s’agit du coût unitaire du mètre carré d’équipement  par catégorie d’infrastructure

La simulation se fait  ici en deux étapes :

Ø  on estime d’abord le coût unitaire du mètre carré d’équipement sur la base de l’hypothèse d’une augmentation ou d’une diminution probable du taux d’inflation sur une période déterminée. Il s’agit d’un paramètre susceptible de changement suivant les divers scénarios de simulation. Ces paramètres sont inscrits dans les cellules jaunes.

De façon générale si nous notons :  le coût unitaire du mètre carré (m2) d’équipement  de catégorie j à l’année i et   , le taux d’inflation sur le marché des équipements de catégorie j.

La simulation des coûts estimés est donnée par la formule suivante :

  j peut prendre les valeurs : Equipements d’amphi, équipements de laboratoire, équipements de salles spécialisées, équipement de bureaux, équipements de chambres, etc)

  GE étant le taux d’inflation global sur un nombre d’années 

Ø  Ensuite on estime les dépenses en nouveaux équipements, pour cela, il suffit de multiplier les coûts unitaires c'est-à-dire, le coût estimé du mètre carré d’équipement chaque année par catégorie d’infrastructure par les effectifs projetés des besoins en nouveaux espaces.

            La formule de simulation est alors la suivante :

     est la dépense en nouveaux espaces d’équipement de catégorie j à l’année i et  est le besoin en nouveaux espaces d’équipement de catégorie j à l’année i exprimé en mètre carré.

            La dépense totale  d’équipement  DQT est donnée par la formule suivante :

DIN Σ

 

 

 

4 .4 LIMITES ET PERSPECTIVES DU MODULE

Le module que nous proposons au décideur souffre certainement de quelques insuffisances inhérentes non seulement à l’imperfection de l’œuvre humaine, mais également aux contraintes majeures qui résultent de la complexité et de la densité de l’enseignement supérieur au Cameroun, en particulier en l’absence d’un système d’information fluide. Ainsi la difficulté essentielle est de pouvoir mobiliser les données fiables et complètes d’une année de référence, c’est pour cela que le critère de mètre carré (m2) d’infrastructure  a été retenu  au détriment d’un critère plus significatif comme le nombre d’amphi, pour estimer les dépenses d’investissements. Cela à cause de l’absence  des normes ou des standards en matière de construction d’infrastructures universitaires, un amphi de 500 places peut être construit sur 1500m2  comme sur 3000 m2 .

            L’autre limite reconnue du module est l’absence de distinction entre les personnels relevant des institutions universitaires et les personnels relevant de la fonction publique dans la simulation des dépenses de personnel.

Par ailleurs le module considère le coût unitaire du mètre carré d’équipement sans pour autant tenir compte ou lister les différents équipements requis. L’on aurait dû disséquer les dépenses d’équipement pour mettre en exergue par exemple les besoins et les coûts en termes d’outils informatiques. Cela peut permettre au décideur, de faire le suivi évaluation pour mesurer le degré d’appropriation des TIC.

            Toutes ces insuffisances feront l’objet d’une exploitation minutieuse pour permettre l’affinement du modèle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CONCLUSION GENERALE

 

L’objet de ce mémoire était de concevoir le module de dépenses du modèle de simulation financière des politiques éducatives de l’enseignement supérieur au Cameroun dans le cadre du renforcement des capacités de planification de l’éducation. Il s’agissait de contribuer à la réflexion commencée lors du forum de Dakar en avril 2000 sur la nécessité d’élaboration d’un plan national d’Éducation. En particulier dans un contexte caractérisé par d’énormes difficultés économiques et la croissance des besoins éducatifs.

Ce travail s’est appuyé sur les concepts théoriques de la planification de l’éducation et sur les outils modernes de planification que sont les modèles de simulation financière, lesquels représentent aujourd’hui les instruments efficaces d’aide à la décision pour le décideur à l’instar du modèle EPSSIM proposé par l’UNESCO dont nous avons fait mention.

Il s’est également agi au cours de ce travail, de faire une étude prospective de l’enseignement supérieur au Cameroun, d’analyser ses différentes forces et faiblesses afin de cerner le système d’information qui le régit. Cette étude a été conclue sur la nécessité d’un outil de planification de l’enseignement supérieur.

Enfin, nous proposons au décideur un modèle de simulation des dépenses éducatives qui  permet d’estimer les conséquences financières d’une option ou d’une combinaison d’options de politique éducative spécifiques à l’enseignement supérieur au Cameroun.

Mais, compte tenu des contraintes de temps et de la difficulté à mobiliser les données fiables, ce travail reste perfectible et sera affiné  progressivement au fur et à mesure que les données sures seront collectées puisqu’il offre l’avantage d’être  flexible.

           

 

 

 

 

 

 

 

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

Publications :

1-      BUDA , R  (1998). La simulation économique : expérimentation et apprentissage de la réalité économique, Paris, University of Paris, « MPRA »,  23 pages

2-      BRAHAM, K (2005). Higher Education Budget Trade-Off Model final report, 59 pages

3-      BRAY,M (1999). A l’ombre du système éducatif, Paris, UNESCO-IIPE, « principes de planification de l’éducation »

4-      CHANG, G .C . et M .RADI (2001). La planification de l’éducation par la simulation informatique, Paris, UNESCO, « politiques et stratégies éducatives », 88 pages

5-      COOMBS ,PH (1970). Qu’est ce que la planification de l’éducation ?, Paris, IIPE-UNESCO , « principes de planification de l’éducation », 69 pages

6-      MAKOSSA , B (2006). La crise de l’enseignement supérieur en Afrique francophone : une analyse pour les cas du BURKINA Faso, du Cameroun, du Congo, et de la côte d’ivoire , « JHEA/RESA », pp.69-86

7-      MAXIMO ,H (1965). La planification de l’éducation en Amérique latine dans le cadre du développement économique et social, Paris, « tiers monde », pp. 551-558

8-      MICHAELA, M . et C, SAUVAGEOT (2009). Construire le tableau de bord de l’enseignement supérieur : un guide pratique, Paris, « UNESCO-IIPE » , 23 pages

9-      MINGAT, A . R, RAKOTOMALALA et T, JEE-PENG (2002). Le financement de l’Education Pour Tous en 2015 : Simulations pour 33 pays d’Afrique subsaharienne, Paris, 16 pages

10-  MINGAT, A. M . BROSSARD  (2005). Module de formation aux modèles de simulation financière en éducation pour le compte de la banque mondiale, Dakar, UNESCO, 47 pages

11-  MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR (2008).Annuaire statistique

12-  MINISTRY OF HIGHER EDUCATION AND SCIENTIFIC RESEARCH PALESTINIAN AUTHORITY (2002). Palestinian Higher Education Financing Stratégy

13-  PEANO, S (2008). Les questions financières de la planification de l’éducation, Paris, UNESCO-IIPE, 10 Pages

14-  SINCLAIR, M (2003). Planifier l’éducation en situation d’urgence et de reconstruction, Paris , UNESCO, « principes de planification de l’éducation » 150 pages

15-  RUSCOE, G-C (1970). Planification de l’éducation : les conditions de réussite, Paris , UNESCO-IIPE ,52 pages

16-  TSAFACK NANFOSSO, R (2006). La dynamique de l’enseignement supérieur au Cameroun, « JHEA /RESA » pp. 99-122

17-  WOODHALL , M (2004). L’analyse coût-bénéfice dans la planification de l’éducation, Paris,  UNESCO, « principes de planification de l’éducation », 149 pages

 

 



TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS. i

RESUME.. ii

ABSTRACT. iii

LISTE DES ABREVIATIONS. iv

LISTE DES TABLEAUX.. v

LISTE DES FIGURES. v

SOMMAIRE.. iv

INTRODUCTION GENERALE.. 1

CHAPITRE1: PRESENTATION ET EVOLUTION DU CONCEPT DE PLANIFICATION DE L’EDUCATION   4

1.1.     EMERGENCE ET DEFINITION DU CONCEPT. 4

1.1.1.      Evolution historique du concept de planification de l’éducation. 4

1.1.2.      Planification de l’éducation : Une définition. 5

1.2.     PRINCIPAUX MODELES DE PLANIFICATION DE L’EDUCATION.. 6

1.2.1.      La  planification indicative. 6

1.2.2.      La planification impérative. 7

1.2.3.      Planification stratégique et planification opérationnelle. 7

1.3.     POURQUOI  ET COMMENT PLANIFIER L’EDUCATION ?. 8

1.3.1.      Pourquoi planifier ?. 8

1.3.2.      Comment planifier ?. 8

CONCLUSION.. 9

CHAPITRE2: LE MODELE DE SIMULATION FINANCIERE COMME OUTIL DE PLANIFICATION   10

2.1      DEFINTION ET ROLE DU MODELE DE SIMULATION FINANCIERE. 10

2.1 .1 Définition. 10

2 .1 .2 Importance  des modèles de simulation financière. 11

2 .2 DIFFERENTS TYPES DE SIMULATION.. 13

2 .2 .1 Modèles génériques et modèles spécifiques. 13

2.2 .3 Modèles démographiques et modèles financiers. 13

2.3 L A SIMULATION INFORMATIQUE. 14

2 .3.1 Historique de la simulation informatique. 14

2. 3 .2         Catégories de simulation informatique. 14

2 .4 EXEMPLE DE MODELE DE SIMULATION FINANCIERE :  EPSSIM... 15

2 .4 .1     Principaux objectifs du modèle EPSSIM... 15

2 .4 .2 Caractéristiques du modèle EPPSSIM... 15

2 .4.3  Composantes du modèle. 16

CONCLUSION.. 17

CHAPITRE 3: ETUDE PROSPECTIVE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AU CAMEROUN   18

3 .1 ORGANISATION ET MISSIONS DE L’ENSEIGNEMENT  SUPERIEUR AU CAMEROUN.. 18

3 .1 .1 Structure organique de l’enseignement supérieur au Cameroun. 18

3 .1 .2 Principales missions de l’Enseignement Supérieur. 20

3 .2 ETAT DES LIEUX DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AU CAMEROUN.. 20

3 .2 .1 Caractéristiques  de l’enseignement supérieur au Cameroun. 21

3 .2 .2 Identification des sources de problème. 24

3 .3 QUELQUES PERSPECTIVES. 25

CONCLUSION.. 27

CHAPITR4: MODULE DE DEPENSES DU MODELE DE SIMULATION.. 28

4 .1 APPROCHES PRELIMINAIRES. 28

4 .1 .1 Justification du choix du tableur Excel 28

4 .1 .2 Présentation du tableur Excel et des principales fonctions utilisées. 29

4 .2 PRESENTATION DU MODULE DE DEPENSES. 30

4 .2 .1 Architecture du module. 30

4 .2 .2 Etapes de la simulation. 31

4.3 CONSISTANCE DU MODULE. 34

4 .3 .1 La simulation des dépenses de fonctionnement 34

4 .3 .2 Simulation des dépenses d’investissement 36

4 .4 LIMITES ET PERSPECTIVES DU MODULE. 39

CONCLUSION GENERALE.. 40

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES. 41

TABLE DES MATIERES. xliii

 

 

 

RESUME

            Ce travail vise à concevoir et à réaliser un modèle de simulation financière des politiques de l’enseignement supérieur au Cameroun  à partir des technologies de l’information et de la communication. Il s’agit de proposer  au décideur un outil spécifique qui lui  permet de mesurer les implications financières d’une option de politique éducative  sur une période déterminée.  A cet effet, sa conception et sa réalisation s’appuient  sur l’ensemble des théories de la planification de l’éducation, sur  l’étude des modèles existants et enfin sur l’analyse de l’enseignement supérieur au Cameroun.

 

Mots clef : Planification, Modèle, Simulation financière, Dépenses pédagogiques

 

 

 

ABSTRACT

The main objective in this thesis is to realize an ICT simulation model of financial policies in higher education in Cameroun. It’s a specific tool suggested to higher education decision makers for helping them to estimate the financial impacts of a given higher educational policy option within a period. The conception and implementation of this simulation model are based on education planning theories, comparison with existant models and Cameroon higher education analysis.

 

 Keys words: Planification, Model, Simulation, Pedagogic costs

 

 


                              UNIVERSITE DE YAOUNDE I

UNIVERSITY OF YAOUNDE I

********

 

 

 

 

ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE

HIGHER TEACHER’S TRAINING COLLEGE

********

Département d’Informatique et des Technologies Éducatives

Department of Computer Science and Instructional Technology

********

Année académique 2009-2010

2009-2010 Academic year

 

 

                                                                             

 

                                                                                                                                                             N: 08YI016

               

 

Conception et réalisation d’un modèle de simulation des politiques de l’enseignement supérieur au Cameroun :

 Le module de dépenses éducatives

 

 

 

 

 

 

 

Mémoire rédigé et soutenu le 14 juin 2010

                                                                       Par

TSANGA NDZODO Nicolas

Licence en Sciences Economiques

 

 

En vue de l’obtention du

DIPLÔME DE PROFESSEUR DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE GÉNÉRAL DEUXIÈME GRADE

Filière : Informatique

Spécialité : TIC

Sous la direction de

Dr FOUDA NDJODO Marcel

Chargé de cours


REMERCIEMENTS

 

 

 

 

 

 

 

 

Nombreux sont ceux qui ont participé de près ou de loin à l’élaboration de ce travail. Tous ne peuvent pas être mentionnés nominalement, mais qu’ils reçoivent par ces mots ma gratitude.

Merci particulièrement aux enseignants du département d’Informatique et des Technologies Éducatives de l’École Normale Supérieure pour leur  disponibilité et leurs précieux conseils.

Ma gratitude à ma famille pour l’indéfectible soutien moral et matériel.


RESUME

            Ce travail vise à concevoir et à réaliser un modèle de simulation financière des politiques de l’enseignement supérieur au Cameroun  à partir des technologies de l’information et de la communication. Il s’agit de proposer  au décideur un outil spécifique qui lui  permet de mesurer les implications financières d’une option de politique éducative  sur une période déterminée.  A cet effet, sa conception et sa réalisation s’appuient  sur l’ensemble des théories de la planification de l’éducation, sur  l’étude des modèles existants et enfin sur l’analyse de l’enseignement supérieur au Cameroun.

 

Mots clef : Planification, Modèle, Simulation financière, Dépenses pédagogiques


ABSTRACT

The main objective in this thesis is to realize an ICT simulation model of financial policies in higher education in Cameroun. It’s a specific tool suggested to higher education decision makers for helping them to estimate the financial impacts of a given higher educational policy option within a period. The conception and implementation of this simulation model are based on education planning theories, comparison with existant models and Cameroon higher education analysis.

 

 Keys words: Planification, Model, Simulation, Pedagogic costs

                  LISTE DES ABREVIATIONS

 

 

EPSSIM : Modèle de simulation des politiques et stratégies éducatives

 

EPT : Éducation Pour Tous

 

FMI : Fonds Monétaire International

 

IADM : Initiative d’Allègement à la Dette Multilatéral

 

IPES : Institutions Privés d’Enseignement Supérieur

 

MINESUP : Ministère de L’Enseignement Supérieur

 

PPTE : Pays Pauvres Très Endettés

 

TIC : Technologies de l’Information et de la Communication

 

UNESCO : Organisation des Nations Unies pour la Science et la Culture




INTRODUCTION GENERALE      

Contexte et justification

Les objectifs du millénaire  pour  le développement adoptés à New York en septembre 2000 identifient huit objectifs internationaux parmi lesquels l’Education Pour Tous (EPT) d’ici 2015. Ceci dans la perspective globale de réduire la pauvreté de moitié et d’améliorer le bien être de la population des pays à faible revenu. L’atteinte de ces objectifs passe nécessairement par  l’appropriation d’un certain nombre de techniques et d’outils qui permettent d’établir des plans de développement. Le cadre d’action de Dakar recommande pour tous les pays l’élaboration d’un plan national d’Éducation pour tous avant l’échéance de 2002.

En effet, depuis plusieurs décennies, la plupart des pays ont mis en œuvre des plans de développement à moyen ou à long terme mais très vite (c'est-à-dire à partir des années 80) la mise en œuvre de ceux-ci  s’est avérée laborieuse voire hypothéquée à cause des difficultés économiques et financières induites par les aléas économiques et budgétaires imprévisibles. Face à ce bilan mitigé, les pays en développement ont opté pour un nouveau paradigme de développement orienté vers « des approches sectorielles et des politiques facilitant la réa-allocation des ressources dans le cadre d’une approche systémique du développement de l’éducation » (G-C .Chang et M .Radi, 2001, p.1) avec en prime pour certains pays la conception des modèles de simulation des politiques éducatives.

Mais à l’évidence, le constat est à la prééminence des décisions politiques qui ne reposent sur aucune étude scientifique préalable alors qu’en réalité le décideur dans le choix d’une option de politique éducative devrait tenir compte non seulement des provisions financières disponibles mais aussi du coût qu’elle entraine. Ainsi au Cameroun l’on a souvent vu les projets de constructions de certaines infrastructures scolaires abandonnées en cours de réalisation du fait des décisions non judicieuses.

 Le présent travail se prête donc au contexte de l’heure, dans un environnement marqué par la rareté des ressources financières et l’élasticité des besoins éducatifs, quel est le choix optimal pour un décideur de politiques éducatives face à ce qui peut s’apparenter comme un dilemme ? Une partie de la réponse à cette question se trouve dans le modèle de simulation financière des politiques éducatives.

L’une des prérogatives du «  Spécialiste des systèmes d’information de gestion de l‘éducation est de concevoir et mettre en place des systèmes informatiques facilitant la gestion et le pilotage du système éducatif à différents niveaux : Établissement, Arrondissement, Département, Région, et Ministère » (Marcel Fouda, 2009). Ce mémoire  est au regard de cette mission,  une contribution  à la réalisation de l’objectif de l’Éducation Pour Tous en Afrique.

Objectifs de l’étude

 

Ce travail s’inscrit dans l’optique globale du renforcement des capacités de planification stratégique de l’enseignement supérieur au Cameroun, en particulier dans la perspective de la planification à l’aide des technologies de l’information et de la communication et a pour objectif spécifique de fournir au décideur, un outil qui lui permette d’avoir des éléments objectifs d’appréciation des options de politique possibles . Concrètement le modèle  permet aux décideurs d’évaluer la pertinence des politiques éducatives et le besoin de financement.

 

Résultats

Le résultat de ce travail est la production d’un outil d’aide à la décision qui permet d’estimer les dépenses de fonctionnement et d’investissement de l’enseignement supérieur au Cameroun

 

Méthodologie

            La conception du modèle de simulation des politiques de l’enseignement supérieur s’est appuyée sur trois éléments majeurs :

-          Les théories de la planification de l’éducation

-          L’étude des modèles de simulation existants

-          L’analyse de l’enseignement supérieur au Cameroun

Compte tenu de la densité, de la complexité du paysage de l’enseignement supérieur au Cameroun et des contraintes de temps, la conception de ce modèle  a fait l’objet d’un travail de groupe. Concrètement, le modèle de simulation a été subdivisé en sous modèles

      -     Le module des effectifs scolaires conçu et réalisé par Hayatou Abdoulaye

-          Le module du personnel conçu et réalisé par Manga Mbang Caroline

-          Le module des infrastructures conçu et réalisé par Nguemen Patricia

-          Le module des dépenses conçu et réalisé par Tsanga Ndzodo Nicolas

-          Le module de financement conçu et réalisé par Onana Noah Roger

Ce travail est subdivisé en quatre chapitres à savoir :

Ø  Le premier chapitre porte sur les différentes théories de la planification de l’éducation

Ø  Le deuxième chapitre porte sur les modèles de simulation financière

Ø  Le troisième chapitre est consacré à l’analyse de l’enseignement supérieur

Ø  Le quatrième chapitre porte sur la conception du module de dépenses de l’enseignement supérieur

                                                                                                                                  


CHAPITRE1: PRESENTATION ET EVOLUTION DU CONCEPT DE PLANIFICATION DE L’EDUCATION

 

 Le recours  à la planification est devenu aujourd’hui incontournable dans l’élaboration des politiques éducatives. Ainsi, sous l’impulsion des partenaires au développement (UNESCO, FMI)  la plupart des pays africains s’attèlent à concevoir les plans de développement conformément à leur différents objectifs.

Ce chapitre vise non seulement à donner l’origine et l’évolution historique du concept de planification de l’éducation  mais aussi à présenter la notion dans ses différentes acceptions.

1.1.                    EMERGENCE ET DEFINITION DU CONCEPT

Dans cette section, il est question de présenter  l’historique du concept de planification de l’éducation avant d’en donner une définition.

1.1.1.            Evolution historique du concept de planification de l’éducation

Le concept de planification n’est pas un concept nouveau, « l’actuelle planification de l’éducation peut se réclamer d’antécédents qui remontent sans interruption jusqu’à l’antiquité » (Ph Coombs ,1970, p.16).

Les premiers antécédents remontent à quelque vingt-cinq siècles, en effet la constitution de Sparte consacre déjà la planification de l’éducation et décrit la manière dont elle doit être menée par les spartiates conformément à leurs objectifs de développement. De même Platon dans sa république met déjà en exergue la nécessité d’un plan de développement approprié aux desseins politiques et aux exigences de l’hégémonie athénienne. La Chine sous l’impulsion des Han, et le Pérou des Incas ont planifié l’éducation pour servir spécialement leurs desseins nationaux. Ces exemples qui se situent à l’époque de l’antiquité ne sont nullement exhaustifs mais renseignent déjà à suffisance sur l’importance et le rôle de la planification de l’éducation dans les différentes sociétés où elle était pratiquée.

Pour revenir à une époque récente, certains exemples montrent comment le recours à la planification de l’éducation notamment à des périodes d’agitation idéologique a contribué à mouler la société autour d’un idéal commun conformément aux nouveaux objectifs. Ces plans avaient généralement pour initiateurs, des philosophes dont l’éducation était non seulement inscrite au centre de la pensée mais aussi, considérée comme un instrument de réforme sociale.

En effet certains événements méritent de retenir notre attention, l’on peut citer la proposition de John Knox pour la conception d’un plan national d’établissements scolaires en Ecosse au 16ième siècle, la profusion des projets avec des titres se rapportant à la planification de l’éducation en Europe au 18-19ième siècles dont les plus célèbres sont le plan d’une université pour le gouvernement de Russie de Diderot, le plan de Rousseau avec pour objectif principal, d’assurer l’éducation à tous les citoyens polonais . 

Aujourd’hui nous assistons à un style de planification nouveau utilisant des techniques modernes et raffinées mais dont le fond n’est pas fondamentalement différent des formes anciennes citées précédemment.

1.1.2.            Planification de l’éducation : Une définition

        L’on ne saurait définir le concept de planification de l’éducation sans au préalable circonscrire la notion de planification dans son acception globale.  De manière  basique, planifier veut dire organiser selon un plan. En d’autres termes la planification est la programmation d’actions et d’opérations à mener

-          dans un domaine précis,

-          avec des objectifs précis,

-          avec des moyens précis,

-          sur un horizon déterminé.

Il s’agit essentiellement d’un instrument de gestion qui  permet aux responsables de prendre des décisions sur une base plus rationnelle et d’anticiper les différentes actions liées à un projet. De ce point de vue la planification peut être vue non seulement comme un processus d’aide à la décision mais aussi un processus de concertation sociale.

Comme processus d’aide à la décision elle vise, par concertation des acteurs concernés, à prévoir des ressources et des services requis pour atteindre des objectifs déterminés, selon un ordre priorité établi, permettant ainsi le choix d’une solution préférable parmi plusieurs alternatives. Ce choix prend en considération le contexte et les contraintes internes et externes connues actuellement ou prévisibles dans le futur.

A travers cette définition, le processus lui-même peut être découpé en trois étapes :

- La première est la recherche d’un consensus sur les buts ou finalités

- La seconde est la définition d’objectifs spécifiques prioritaires

- La troisième étape est la programmation des moyens et des activités nécessaires à la réalisation des objectifs. Elle doit définir le calendrier et les conditions permettant la mise en œuvre des actions décidées et évaluer les actions en termes de procédures et de résultats.

Comme processus de concertation sociale, elle implique la reconnaissance des acteurs clés, de leur(s) intérêt(s) respectif(s) puis l’organisation d’une plate forme de concertation  à la recherche de consensus sur les objectifs, les priorités et les actions. Il faut alors rechercher une cohérence dans la stratégie des différents acteurs. Grace à ce consensus, la planification peut aboutir au changement de la situation existante vers une meilleure réponse à des besoins.

La planification de l’éducation quant à elle n’est autre chose que la programmation des actions et opérations à mener dans le domaine de l’éducation. Il s’agit d’ « un processus continu et systématique de formulation et d’évolution permanente, au cours duquel, grâce à la coopération interdisciplinaire et des secteurs publics et privés intéressés :

-          on définit des objectifs qualitatifs et quantitatifs à long terme, de développement du système éducatif dans son ensemble ;

-          on détermine des étapes à court et moyen terme ;

-          on définit les ressources matérielles et humaines nécessaires » (Maximo Halty, 1965, p.552)

1.2.                    PRINCIPAUX MODELES DE PLANIFICATION DE L’EDUCATION

La planification de l’éducation est une planification sectorielle, c'est-à-dire qu’elle  s’intègre aux plans généraux de développement économique et social du pays, de ce point de vue, son schéma méthodologique et son exécution dépendent de la philosophie et du modèle du plan général. Dans la pratique on distingue deux principaux modèles de planification de l’éducation : la planification indicative et la planification impérative. Mais la manière dont l’une ou l’autre forme est déployée dépend aussi de la hiérarchie à partir de laquelle elle est menée, le haut niveau pour la planification stratégique et le bas niveau pour la planification opérationnelle. 

1.2.1. La  planification indicative

La planification indicative  comme son nom l’indique est un  plan à titre indicatif c'est-à-dire qu’il trace le canevas à suivre par les différents acteurs de la chaine éducative, cela leur  laisse une grande liberté d’action. L’élaboration du plan se fait par concertation sociale en vue d’une adoption consensuelle des objectifs.  L’Etat applique sa politique éducative en vue de réaliser les objectifs du plan en utilisant des voies incitatives. Il s’agit d’un style de planification souple, légère et décentralisée qui propose des perspectives non obligatoires aux agents.

Le plan indicatif, tant pour son élaboration que pour son exécution, suppose un dialogue entre les pouvoirs publics qui conçoivent les grandes lignes du plan, les groupes d’intérêt professionnels, syndicaux, régionaux sans la collaboration desquels le plan resterait lettre morte.

 Ce type de planification a été inspiré de l’idéologie libérale et prévaut depuis l’après deuxième guerre mondiale notamment dans les pays comme la France, le Japon et les pays francophones d’Afrique subsaharienne.

Au Cameroun également, nous avons assisté à une forme de planification indicative depuis l’indépendance à travers les plans quinquennaux.

1.2.2. La planification impérative  

La planification impérative à l’opposé de la planification indicative procède à l’aide d’ordres, d’injonctions émanant du pouvoir central et s’impose à tous les acteurs de la chaine éducative. Il s’agit d’une forme de planification centralisée collectiviste qui réglemente toutes les politiques éducatives à partir des perspectives de développement choisies unilatéralement par l’autorité centrale. Elle se veut être une activité collective qui détermine de façon coordonnée, les buts à atteindre.  De plus la planification impérative définit des principes, des contenus et des moyens de réalisation des  politiques et de  contrôle de l’activité à tous les niveaux.

            Ce type de planification est inspiré de l’idéologie socialiste et a d’ailleurs été le modèle de planification par excellence de l’Union soviétique où l’Etat allait jusqu’à prévoir  des châtiments corporels pour les élèves indisciplinés.

1.2.3. Planification stratégique et planification opérationnelle

La planification stratégique est déployée à partir du niveau supérieur tandis que la planification opérationnelle concerne la base en d’autres termes la première consiste à définir des objectifs institutionnels généraux, à évaluer les performances de l’institution à la lumière de ces objectifs, et à déterminer une stratégie visant à promouvoir la capacité de l’institution à accroitre la portée de son activité, et à atteindre ses objectifs. La seconde quant à elle consiste à créer un cadre de mise en œuvre de cette stratégie. Ces deux types de planification se distinguent également par leur horizon, la planification stratégique est orientée vers le long terme tandis que la planification est basée sur des actions détaillées de courtes durées.       

 

1.3.                    POURQUOI  ET COMMENT PLANIFIER L’EDUCATION ?

Il s’agira dans cette section de dégager  le rôle et l’importance de la planification et de déterminer  les  différentes étapes de l’élaboration du plan.

1.3.1.              Pourquoi planifier ?

Pourquoi planifier l’éducation ? Cette question renvoie au rôle  et à l’importance de la planification de l’éducation. Dans un contexte national caractérisé par une situation économique précaire, une croissance de la population scolarisable et un environnement extérieur  en proie à de profondes mutations scientifiques et technologiques, il est nécessaire pour l’Etat de mener une programmation des différentes actions et opérations à mener à court ou à moyen terme pour atteindre les objectifs escomptés.

La planification s’impose pour plusieurs raisons, elle permet de créer :

-          Un cadre de consultation et de concertation sociale où tous les acteurs interviennent (société civile, partenaires au développement, étudiants…) cela permet à chacun d’exprimer et de proposer sa vision

-          Un cadre de coordination de l’action gouvernementale en particulier dans les pays où plusieurs ministères interviennent dans le secteur de l’éducation comme le Cameroun pour éviter des visions fragmentées et non cohérentes.

-          Un cadre intégrateur des actions de développement de l’éducation en conformité avec les objectifs de développement

-          Un cadre de cohérence financière et de budgétisation à court ou à moyen terme qui définit l’éventail d’options possibles pour le financement de l’éducation.

En définitive la planification permet de visualiser la structure globale du système éducatif.

1.3.2.              Comment planifier ?

La planification porte sur les étapes suivantes dans le cadre du système éducatif : Analyse et estimation  des besoins, formulation des objectifs de politique, Evaluation des moyens requis et identification des sources de financement et enfin programmation des opérations à mener.

·         Analyse et estimation des besoins : Il s’agit au cours de cette étape de passer le système éducatif au scanner pour poser un diagnostic clair autrement dit, il faut analyser les forces et faiblesses du système à partir de la collecte des données et estimer les besoins pour un système optimal.

·         Formulation des objectifs de politique : La formulation des objectifs fait suite à l’évaluation des besoins. Il s’agit pour les acteurs de trouver des réponses aux questions de quel système éducatif avons-nous besoin ? Quelles sont les défis et les opportunités qui s’offrent à nous ? A partir de ces questions, les objectifs réalistes sont alors définis.

·         Evaluation des moyens requis : Il s’agit au cours de cette étape, d’estimer les coûts de différentes actions à mener pour atteindre les objectifs fixés et identifier les mécanismes de financement et de gestion efficaces permettant une meilleure utilisation des ressources.

·         Programmation des opérations : A cette étape, les options choisies sont traduites en actions concrètes suivant un chronogramme détaillé où l’on décrit pour chaque opération, les moyens, les ressources requises, l’horizon et les résultats attendus

  

CONCLUSION

Ce premier chapitre avait pour but d’élucider le concept de planification de l’éducation. Nous avons ainsi rappelé l’évolution du concept dans son contexte historique avant d’en donner une définition. Il s’est également agi de préciser d’une part le rôle et l’importance de la planification et d’autre part, de déterminer les différentes phases d’élaboration du plan. Toutes choses qui nous permettront au prochain chapitre d’étudier un outil de planification.

 

 


CHAPITRE2: LE MODELE DE SIMULATION FINANCIERE COMME OUTIL DE PLANIFICATION

 

La planification de l’éducation telle qu’elle est déployée de manière pratique fait recours à plusieurs outils. Ainsi les «  modèles de simulation financière apparaissent comme des outils par excellence pour la planification » (EPPSSIM 2 .1 guide de l’utilisateur). Il sera question tout au long de définir la notion de modèle de simulation financière, de dégager  son importance et enfin d’étudier un modèle existant.

2.1  DEFINTION ET ROLE DU MODELE DE SIMULATION FINANCIERE

Dans cette section, il s’agira d’abord de définir le modèle de simulation financière avant de déterminer son rôle dans l’élaboration des politiques éducatives.

2.1 .1 Définition

Un modèle de simulation   est un outil d’aide à la décision  qui permet au décideur de « prévoir l’évolution probable d’un système éducatif dans un avenir plus ou moins lointain au moyen d’un nombre plus ou moins limité de données de base et d’hypothèses de développement » (G .-C .Chang et M .Radi , 2001, p.8).

 De façon concrète il s’agit d’un instrument qui permet d’évaluer le coût d’une politique éducative, le décideur peut ainsi faire des simulations de politique et voir des scénarii y relatifs, c’est donc sur cette base c’est à dire en fonction de scénarii réalistes qui tiennent compte des ressources disponibles et des objectifs fixés qu’il est amené à faire des arbitrages pour un choix ou une combinaison de choix optimal. C’est en parti grâce aux informations sur les prévisions de dépenses courantes de fonctionnement et d’investissement que fournit le modèle que le gouvernement élabore une stratégie sectorielle de l’éducation.

En définitive le modèle nous renseigne sur le coût d’une option de politique éducative  et évite notamment la navigation à vue au décideur en lui fournissant un cadre d’analyse comportant des éléments scientifiques sur lesquels il peut s’appuyer.

 

 

 

2 .1 .2 Importance  des modèles de simulation financière

            Les modèles de simulation apparaissent aujourd’hui comme des instruments incontournables qui permettent d’assurer une bonne coordination des politiques éducatives en fournissant notamment, aux décideurs un cadre d’analyse qui leur permet de tester la faisabilité et la viabilité des différentes options de politique éducative avant leur adoption définitive.

En particulier leur action peut être appréciée à différents niveaux du processus de planification à savoir « la conception de la politique éducative, la planification à moyen terme et la budgétisation. » (G .-C .Chang et M .Radi,2001 .P .5)

·            Au niveau de l’élaboration de la stratégie éducative

La conception et l’élaboration de la politique éducative n’est pas aisée, en particulier dans un contexte caractérisé par les problèmes économiques et financiers qui accroissent l’incertitude et au regard, de la densité et de la complexité de l’institution éducative. Le secteur de l’éducation draine plusieurs acteurs et nécessite d’énormes moyens financiers, cela induit non seulement une rationalisation dans l’utilisation des ressources allouées mais aussi la nécessité d’une prise en compte de toutes les variables qui interviennent dans le système d’information. Il faut donc disposer pour cela d’un système d’information fiable et crédible, et c’est à ce niveau que le modèle de simulation contribue de façon évidente à l’élaboration d’une stratégie éducative car il met en relief tous les éléments d’appréciation susceptibles  de faciliter et d’étayer la compréhension  des différents partenaires. Assurément, il s’agit d’un outil de communication pour construire les consensus à quatre niveaux :

1)      Au niveau intra sectoriel entre les responsables au sein du ministère pour la définition de la politique de développement du secteur éducatif

2)      Au niveau intersectoriel entre le ministère en charge de l’éducation et les autres ministères (finance et autres ministères techniques).

3)      Entre le Ministère de l’éducation et les partenaires sociaux de l’école (parents d’élèves, société civile, enseignants).

4)      Au niveau bilatéral ou multilatéral entre le ministère de l’éducation et les partenaires au développement.

·         Au niveau de la programmation à moyen terme

Le modèle de simulation donne une vue prospective d’ensemble du secteur éducatif en se projetant dans l’avenir, il s’agit de prévoir l’évolution certaine des variables éducatives  à des échéances précises. En particulier il permet de déterminer les ressources matérielles et humaines requises pour la réalisation des objectifs éducatifs.

Chaque pays, dans le cadre de la conduite de sa politique éducative doit faire recours à un modèle de simulation qui soit spécifique à son système éducatif, cela induit des actions coordonnées et cohérentes au cours de la période planifiée. « Il fournit les informations sur les besoins en intrants éducatifs et les indicateurs de suivi-évaluation des actions planifiées » (G .-C .Chang et M .Radi 2001, P .8).

Ø  Estimations des besoins : le système éducatif est décomposé en sous secteurs qui entretiennent néanmoins des interrelations organiques entre eux.  Le modèle permet d’estimer les besoins en personnel au cours d’une période donnée (personnel enseignant, personnel administratif, personnel d’appui etc) sur la base des objectifs de politique c’est-à-dire le ratio enseignants/étudiants que l’on désire atteindre. Il s’agit également d’évaluer les besoins en termes d’infrastructures, quel nombre de bâtiments faut-il construire et quels sont les équipements nécessaires en fonction de la population scolaire au cours d’une période déterminée ? Ces estimations peuvent être données en nombre d’amphis, de bureaux et de salles spécialisées. Enfin le modèle fournit l’ampleur des besoins en terme de ressources pédagogiques (livres, matériels didactiques etc)

Ø  Indicateurs de mesure : Les modèles de simulation offrent des éléments de mesure qui permettent à chaque fois d’apprécier l’évolution des différents paramètres. Il s’agit des repères de vérification c’est à dire des indicateurs de suivi-évaluation sur lesquels les différents acteurs s’appuient pour faire à chaque fois une espèce de bilan à mi-parcours.

 

·         Au niveau de la définition des stratégies de financement et de budgétisation

La simulation permet de répondre à une triple question à savoir : « 

-          Quels sont les coûts de l’éducation ?

-          Comment anticiper les besoins financiers futurs ?

-          Comment définir des mécanismes de financement et de gestion efficaces permettant une meilleure utilisation des ressources ? » (Serge Peano, 2008, p.2).

Globalement, il s’agit d’établir des projections sur les dépenses de fonctionnement et d’investissement pour le secteur de l’éducation en conformité avec les objectifs de politique, prévoir et anticiper les ressources nécessaires pour l’accueil des étudiants . Cette anticipation doit prendre en compte à la fois les situations passées et actuelles et la vision souhaitée des systèmes éducatifs futurs. Le modèle apparait donc comme un outil technique de chiffrage  qui sert à évaluer la pertinence et le coût des politiques.

2 .2 DIFFERENTS TYPES DE SIMULATION

 

Cette section présente les différents types de simulation en fonction des deux principales catégories d’approches : Les modèles génériques et les modèles spécifiques d’une part, les modèles budgétaires et les modèles démographiques d’autre part. Ces distinctions ne sont pas exhaustives dans la mesure où l’on peut noter l’existence de plusieurs autres variantes en fonction des aspirations précises de chaque pays.

2 .2 .1 Modèles génériques et modèles spécifiques

            La première variante dite  modèle « modèle à porter » ne correspond à aucune spécificité particulière, il s’agit d’un modèle qui présente les traits communs à la plupart des systèmes éducatifs et se contente de déployer des indications approximatives c’est-à-dire des  orientations générales, il intervient principalement à l’étape de «  prédéfinition  des options de politique éducatives ». Ces modèles présentent l’avantage d’être suffisamment flexibles et peuvent facilement être adaptés dès lors que les données de base du pays sont saisies.

La seconde variante dite modèle « sur mesure » est un modèle adapté à un pays spécifique, il ne peut être utilisé par un autre pays sans une adaptation profonde, il fournit des indications détaillées et requiert des connaissances approfondies en informatique, par contre son élaboration et sa conception  nécessitent un temps plus long.

2.2 .3 Modèles démographiques et modèles financiers

Dans Le modèle financier ou budgétaire, le niveau des dépenses d’éducation est fixé à priori et l’ordinateur effectue des calculs à rebours pour déterminer les objectifs de politique éducative, les variables de décision étant ici budgétaires. A l’inverse dans le modèle démographique, les objectifs de politique éducative sont fixés à l’avance et l’ordinateur se charge de déterminer les enveloppes financières correspondantes, ici les variables de décision ici sont plutôt les objectifs éducatifs.

En réalité, les modèles dits démographiques sont les plus répandus, le modèle de simulation EPPSSim développé par l’UNESCO est un modèle démographique  qui calcule et évalue les besoins en terme de ressources financières résultant des différentes options de politique éducative.

 

2.3 L A SIMULATION INFORMATIQUE

 

Dans cette section, il s’agira de préciser brièvement l’historique de la simulation informatique, et de distinguer les catégories de simulation informatique.

2 .3.1 Historique de la simulation informatique

La simulation informatique désigne le procédé selon lequel on exécute un programme informatique sur un ordinateur en vue de simuler par exemple un phénomène physique complexe . Elle est apparue en même temps que l’ordinateur pendant la deuxième guerre mondiale pour les besoins de la mise sur pied  à Manhattan d’un projet pour concevoir le processus de détonation nucléaire. On notera donc, toujours selon l’encyclopédie libre de Wikipédia que la première simulation informatique en physique fut l’expérience de Fermi-Pasta-Ulam (1953).

Avant le recours à la simulation informatique, les planificateurs de l’éducation utilisaient des outils précaires qui rendaient difficiles l’atteinte des objectifs, il s’agissait des calculatrices simples puis programmables. Par la suite, l’arrivée des premiers PC a permis d’optimiser les choix en terme de politique éducative en incluant d’autres variables tenant sur un horizon plus long.

Aujourd’hui, avec l’apparition des ordinateurs puissants, de très grande capacité mémoire et l’évolution des logiciels de type tableur (Excel), les planificateurs disposent désormais d’outils leur permettant de construire des modèles de simulation nécessaires à la prise de décision.

2. 3 .2         Catégories de simulation informatique

 Selon l’encyclopédie Wikipédia, on distingue trois catégories de simulation informatique :

·         La simulation continue, où la structure de simulation se présente sous forme d’équations différentielles à résoudre, elle est plus complète que résolution analytique.

·         La simulation discrète au cours de laquelle, le système est modifié par une suite d’événements. Elle-même est subdivisée en simulation synchrone et simulation asynchrone.

·         La simulation par agents essentiellement utilisée dans les sciences sociales est divisée en différents modules qui interagissent entres elles.

 

2 .4 EXEMPLE DE MODELE DE SIMULATION FINANCIERE :  EPSSIM

Le modèle EPSSIM (Education Policy and Stratégie Simulation) est un modèle générique qui a été conçu par l’UNESCO en 2OO1. Dans cette section, nous passerons en revue, les principaux objectifs, les caractéristiques et enfin les composantes du modèle

 

    2 .4 .1     Principaux objectifs du modèle EPSSIM

« Le modèle générique a été conçu par l’UNESCO en 2001 pour faciliter la planification et la programmation des actions de développement national de l’éducation.

Globalement, le modèle de simulation a été conçu dans le but de mettre à la disposition des pays engagés dans l’optique de l’Education pour tous en 2015, un outil de planification qui leur permette de tester la faisabilité et la viabilité des différentes options de politique éducatives sur la base des informations disponibles. Il s’agissait également de montrer comment une application informatique peut aider à mieux prévoir l’évolution du système éducatif en évaluant notamment les implications pédagogiques et financières de la politique souhaitée. Ce modèle a été développé à partir du tableur Excel du bouquet Microsoft office.

2 .4 .2 Caractéristiques du modèle EPPSSIM

D’après le guide de l’utilisateur, le modèle présente trois caractéristiques majeures : la flexibilité, la facilité de compréhension et la capacité démonstrative.

·         La Flexibilité du modèle tient au fait qu’il s’agit d’un modèle générique qui peut être transposé à la plupart des systèmes éducatifs car il prend en compte les variables communes aux différents systèmes. Ainsi chaque pays peut l’adapter à son dispositif éducatif, il suffit simplement qu’il soit restructuré de façon à épouser les spécificités du pays concerné.

·         La facilité de compréhension du modèle vient du fait qu’il est facile à manipuler, l’on n’a pas besoin d’être un informaticien chevronné pour l’utiliser, le modèle est présenté sur une interface simple qui offre la possibilité à l’utilisateur de le reconfigurer à sa guise via les menus déroulants qu’il propose. Ainsi, le planificateur saisit les données de son pays de même que les options de politique (hypothèses)  et observent les implications pédagogiques et financières des différents scénarii.

·         La capacité démonstrative découle des différentes orientations que fournit le modèle, l’utilisateur est orienté sur les étapes de la simulation à partir de la saisie des données jusqu’aux résultats des projections. De plus, le modèle permet d’évaluer avec célérité, les coûts des différentes décisions de politique.

2 .4.3  Composantes du modèle

Le modèle est construit à partir de trois composantes  essentielles à savoir les données de base, les hypothèses et les résultats des projections.

·         Les données de base

 La première composante d’EPSSIM concerne les données d’une année de référence, année initiale ou année de base. Ainsi le véritable défi pour le planificateur, est de rassembler les données fiables qui vont servir de base à la construction de la simulation. Les concepteurs d’EPPSSIM  pour faciliter sa compréhension, ont subdivisé le modèle en sous modèles pour chaque niveau d’enseignement (enseignement primaire, enseignement secondaire, enseignement supérieur, enseignement professionnel et technique, etc.) On distingue ainsi cinq grands modules : le module des effectifs scolaires, le module du personnel, le module des infrastructures et des équipements, le module des coûts et des dépenses et enfin le module de financement. Pour tous ces modules, les données existantes d’une année de base doivent être mobilisées pour permettre des projections réalistes.

·         Les hypothèses ou options de politique

La deuxième composante d’EPSSIM concerne les hypothèses ou variables de décision, tout comme les données de base, elles sont classées par niveau d’enseignement (primaire, secondaire, supérieur, professionnel et technique) et par module (module des effectifs, module du personnel, module des infrastructures, modules des dépenses, module de financement). Les hypothèses dépendent des spécificités de chaque système éducatif car « les objectifs sont définis plus que jamais en tenant compte des problèmes d’équité et des référents socioculturels » (G.-C .Chang et M .Radi, 2001). Les planificateurs sur la base des données existantes et fiables d’une année initiale décident de l’orientation à donner au système éducatif en formulant les objectifs de politique. Un exemple de variable de décision sur laquelle l’on peut intervenir dans EPSSIM est le taux brut de scolarisation, le planificateur peut décider de revoir ce taux à la hausse puis d’observer les implications financières et pédagogiques.

·         Les résultats

La dernière composante est le résultat des projections, une fois les données de base et les options de politique introduites, le modèle effectue des calculs pour produire les prévisions en fonction des paramètres de politiques définis. Les résultats peuvent être chiffrés ou présentés sous forme graphique. Globalement, les scénarii portent sur les effectifs scolaires, les besoins en personnel, les besoins en infrastructure et les enveloppes financières requises pour atteindre les objectifs de politique.

 

CONCLUSION

Le précédent chapitre a permis de relever l’importance des modèles de simulation financière en tant qu’outil de planification de l’éducation, en particulier nous avons revisité  la simulation numérique dans son contexte historique et actuel étant entendu que les modèles de simulation financière sont conçus aujourd’hui à l’aide des applications informatiques de type tableur. Enfin il  présente le modèle de simulation EPSSIM conçu par l’UNESCO en 2001 pour répondre aux objectifs de l’Education pour tous en 2015 (EPT).   

 

 

 

 

 


CHAPITRE 3: ETUDE PROSPECTIVE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AU CAMEROUN

 

La conception d’un modèle de simulation financière recommande au préalable que soit dressé le système d’information de l’organisation à laquelle elle s’adresse. Ainsi, le présent chapitre vise non seulement à présenter  l’enseignement supérieur au Cameroun à travers sa structure institutionnelle et les principales missions qui lui sont dévolues mais aussi, de dresser l’Etat des lieux du système académique à travers une analyse de ses forces et ses faiblesses.

3 .1 ORGANISATION ET MISSIONS DE L’ENSEIGNEMENT  SUPERIEUR AU CAMEROUN

 

Dans cette section, il s’agira de présenter d’une part, la structure institutionnelle de l’enseignement supérieur au Cameroun à travers ses différents démembrements et d’autre part de définir les attributions du ministère de l’enseignement supérieur.

3 .1 .1 Structure organique de l’enseignement supérieur au Cameroun

Le système éducatif camerounais est subdivisé en trois catégories  d’enseignement (primaire, secondaire, supérieur) qui correspondent également à trois institutions distinctes, le Ministère de l’éducation de base pour le primaire, le Ministère des enseignements secondaires pour le secondaire et le Ministère de l’enseignement supérieur pour le supérieur. A ces institutions s’ajoute aussi le Ministère de l’emploi et de la formation professionnelle.

Le Ministère de l’enseignement supérieur, institution en charge de l’enseignement post secondaire au Cameroun a connu une évolution notable. En particulier dans un environnement caractérisé par une demande de formation sans cesse croissante et de nombreuses mutations technologiques nécessitant de nouvelles approches  en termes d’offre de formation. Ainsi du 02 avril 1963, date de création de la première institution d’enseignement supérieur au Cameroun, jusqu’à nos jours, plusieurs réformes de l’enseignement supérieur se sont succédées avec en prime, le souci de l’adapter à la nouvelle donne c'est-à-dire, l’inscrire dans la modernité. D’une unique université en 1963, le Cameroun compte aujourd’hui une structure institutionnelle dense et diversifiée  en termes d’établissements universitaires.

La libéralisation de l’enseignement supérieur au Cameroun a favorisé l’émergence des établissements supérieurs privés. Cela contribue à densifier la structure institutionnelle et accroitre l’offre de formation.

De façon concrète l’organisation de l’enseignement supérieur peut être découpée à trois niveaux à savoir, les services centraux du ministère, les institutions publiques d’enseignement supérieur, les institutions privées d’enseignement supérieur dont le ministère assure le contrôle et la réglementation.

·         Les services centraux

Le ministère de l’Enseignement supérieur est placé sous l’autorité d’un ministre, il dispose de plusieurs structures qui sont chargées  de coordonner à partir du niveau central, l’ensemble des activités du ministère. Il s’agit :

-          Du secrétariat particulier

-          Des conseillers techniques

-          De l’inspection générale des services

-          De l’inspection générale des affaires académiques

-          D’une administration centrale

 

·         Institutions publiques d’enseignement supérieur

Il s’agit des institutions publiques qui assurent l’ensemble des enseignements et des formations post secondaires. Six universités d’Etat ont été créées à la faveur du décret N° 93/026 du 19 janvier 1993.

-          L’université de Yaoundé I

-          L’université de Yaoundé II

-          L’université de Dschang

-          L’université de Buea

-          L’université de Ngaoundéré

Il faut par ailleurs noter que chacune de ces universités dispose en son sein des Grandes Ecoles et Instituts. En plus des universités d’Etat, l’on note l’existence des établissements publics d’enseignement supérieur à statut particulier qui relèvent soit de la tutelle du ministre de l’enseignement supérieur soit de la tutelle conjointe d’un autre département ministériel et du ministre chargé de l’enseignement supérieur.

 

 

 

·         Institutions privées d’enseignement supérieur

A la faveur de la libéralisation du secteur éducatif, l’Etat camerounais a autorisé à ce jour la création et l’ouverture de plusieurs  établissements privés d’enseignement supérieur qui viennent ainsi suppléer l’action de l’Etat en termes d’offre de formation. Ces institutions sont créées à l’initiative des personnes physiques ou morales.

3 .1 .2 Principales missions de l’Enseignement Supérieur

Les missions assignées à l’Enseignement supérieur s’inscrivent dans le cadre global de la politique d’éducation au Cameroun. Ainsi la loi de l’orientation de l’Enseignement supérieur stipule en son article1 alinéa 2 que « l’Etat assigne à l’Enseignement Supérieur une mission fondamentale de production, d’organisation et de diffusion des connaissances scientifiques, culturelles, professionnelles et ethniques pour le développement de la Nation et le progrès de l’Humanité ».

La même loi dans l’article 6 du chapitre précise les objectifs de l’Enseignement Supérieur. Il s’agit des objectifs suivants :  

-          La recherche de l’excellence dans tous les domaines de la connaissance ;

-          La promotion de la science, de la culture et du progrès social ;

-          La promotion sociale, avec la participation des structures nationales compétentes et des milieux socioprofessionnels notamment en ce qui concerne la définition des programmes et l’organisation des enseignements théoriques, des travaux pratiques et des stages ;

-          L’appui aux activités de développement ;

-          La formation et le perfectionnement des cadres ;

-          Le renforcement du sens éthique et de la conscience nationale ;

-          La promotion de la démocratie et le développement de la culture démocratique ;

-          La promotion du bilinguisme. 

-          C’est donc dire au regard des nombreuses missions et objectifs assignés à ce secteur de l’éducation qu’il peut véritablement contribuer au Développement de la nation.

3 .2 ETAT DES LIEUX DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AU CAMEROUN

La présente section vise à faire une analyse qualitative et quantitative de l’enseignement supérieur au Cameroun.

3 .2 .1 Caractéristiques  de l’enseignement supérieur au Cameroun

 

Comme dans la plupart des pays de la sous région, ce secteur de l’éducation autre fois prioritaire des budgets nationaux est émaillé  de nombreuses difficultés aujourd’hui. Celles ci tiennent pour la plupart  à l’insuffisance des infrastructures, à la faiblesse dans les conditions d’encadrement et aux faibles rendements (Bethuel Makossa, 2006)

·         Insuffisance des infrastructures éducatives

L’une des caractéristiques de l’Enseignement supérieur au Cameroun est la faible capacité d’accueil de ses structures. En effet, on note une inadéquation entre le nombre d’étudiants inscrits dans nos universités qui suit une croissance exponentielle et les infrastructures existantes qui restent presque statiques (Salles de cours, travaux dirigés, laboratoires etc), le faible équipement des bibliothèques, le manque de restaurants universitaires. Ainsi l’annuaire statistique 2008 de l’Enseignement supérieur au Cameroun indique pour cette même année un nombre d’étudiants de 150932 dont 130872 dans les universités d’Etat et 20060 dans les institutions privés d’enseignement supérieur (IPES) soit une croissance globale de 14,26% par rapport à l’année 2007  susceptible de doubler tous les 6 ans. Même si l’annuaire ne donne pas des précisions sur l’évolution des structures d’accueil, l’on se rend compte à l’évidence à partir d’une observation des faits que dans nos universités, les amphis, les laboratoires et autres salles spécialisées sont surpeuplés.

·         Les  faiblesses dans les conditions d’encadrement

Les faiblesses dans les conditions d’encadrement se résument à l’insuffisance des enseignants par rapport au nombre des étudiants qui croit de façon exponentielle, à la faible ouverture des institutions d’enseignement supérieur aux plateformes internationales de recherche et aux fortes disparités entre les enseignants de rang magistral et les assistants.

Le tableau suivant de l’annuaire statistique 2008 de l’Enseignement Supérieur donne un ensemble d’indicateurs sur l’encadrement des étudiants.


 

Tableau 1-Indicateur sur l'encadrement des enseignants

Indicateurs sur l’encadrement des enseignants

 

2005

2006

2007

2008

1

Effectif sur les personnels enseignants

2225

2226

2179

2748

 

dont professeur

119

115

151

169

 

dont maitre de conférences

232

244

275

298

 

Dont chargé de cours

1132

1074

1127

1223

 

Dont assistants

742

786

560

893

 

Dont ATER

 

 

66

165

 

 

2

Effectifs de l’université de Buea

224

224

237

275

 

 

3

Effectifs de l’université de Douala

380

408

449

605

4

 

5

Effectifs de l’université de Dschang

335

327

329

403

 

 

6

Effectifs de l’université de Ngaoundéré

175

187

181

264

 

 

7

Effectifs de  l’université de YaoundéI

804

773

713

935

 

 

 

Effectifs de l’université de YaoundéII

307

255

270

266

  

 


 

Tableau 2- Ratio d'encadrement (étudiants/enseignants)

Ratios d’encadrement (étudiants /enseignants)

 

2005

2006

2007

2008

 

Universités d’Etat

45

54

61

55

 

1

Buea

39

50

53

52

 

2

Douala

49

50

53

52

 

 

 

 

 

 

3

Dschang

30

40

35

34

 

 

4

Ngaoundéré

56

59

64

48

 

5

Yaoundé I

33

40

45

36

 

6

Yaoundé II

61

91

93

108

 

 Tableau 2 : Ratios d’encadrement (étudiants /enseignants)

 

·         Les faibles rendements

L’Enseignement Supérieur au Cameroun est caractérisé par des taux d’échecs élevés, en effet d’après le tableau d’indicateurs clef du système éducatif fourni par le draft de la stratégie sectorielle de l’éducation au Cameroun, la durée moyenne d’achèvement du cycle licence est de 7ans. De plus, même en l’absence de statistiques sur les différents taux d’insertion des diplômés de l’Enseignement Supérieur dans  le marché de l’emploi, le constat à l’évidence, est à une faible insertion du fait de l’inadaptation des programmes de formation aux réalités du monde du travail. Tout cela traduit une certaine inefficacité de l’Enseignement Supérieur au Cameroun. 

Malgré le tableau peu reluisant de ce secteur de l’éducation au Cameroun, l’on note tout de même une volonté politique forte de la part des pouvoirs publics, en particulier, un effort est mené pour rapprocher l’université de l’étudiant, la création récente de l’université de Maroua en est une illustration. De plus la multiplication des institutions privées d’Enseignement supérieur vient suppléer l’action de l’Etat et complète ainsi la capacité d’accueil au niveau du supérieur. Par ailleurs sur le plan qualitatif, la promotion du bilinguisme et l’intégration progressive des technologies de l’information et de la communication (TIC) sont autant d’atouts que présente notre système éducatif.  Enfin l’on note une participation active et un intérêt certain de la part des bailleurs de fonds pour contribuer à l’amélioration de la qualité de l’Enseignement Supérieur.

3 .2 .2 Identification des sources de problème

 

L’Enseignement Supérieur est en proie à d’énormes difficultés dont certaines viennent d’être ébauchées  à la section précédente. Pour Bethuel Makossa, ces difficultés sont justifiées par trois facteurs respectivement d’ordre économique, institutionnel et sociopolitique.

·         Facteurs économiques

La crise économique qui sévit au Cameroun depuis les années 80 n’a pas épargné l’Enseignement Supérieur, son impact sur ce secteur de l’éducation peut être appréhendé à divers niveaux.

D’abord sur le degré de priorité accordé au secteur de l’éducation dans le budget de l’Etat. Pour cela on peut se référer à l’évolution des budgets alloués à l’Enseignement supérieur dans la décennie 90 pour constater que ceux-ci ont tous simplement régressé pendant cette période. La crise économique ayant entrainé la baisse drastique des recettes de l’Etat et par voie de conséquence une austérité budgétaire généralisée à tous les secteurs de la vie. Le tableau suivant donne une perception de la part des dépenses d’éducation dans les dépenses publiques au Cameroun.

Néanmoins depuis l’année 2006, on note une embellie dans les dépenses prévisionnelles du système d’Enseignement Supérieur public, en effet ces agrégats croissent à un rythme annuel moyen de 19% (Annuaire statistique ,2008) cela s’explique par l’accès du MINESUP au fonds PPTE et à L’IADM.

Ensuite, la précarité dans le mode de financement des études en est  également un facteur. La récession économique a obligé l’Etat à réduire voire à suspendre les bourses et autres aides sociales qui jadis étaient l’expression de l’Etat providence. Cela peut en partie expliquer les mauvaises performances enregistrées dans les universités car les parents se sont aujourd’hui substitués à l’Etat et il leur est très difficile d’assurer pleinement le financement des études de leur progéniture dans un environnement caractérisé par une pauvreté rampante. C’est pourquoi les études universitaires s’apparentent aujourd’hui à un luxe pour les familles démunies.

Enfin, l’on peut citer la condition de l’enseignant du supérieur comme étant un facteur de démotivation. En effet, le faible niveau des salaires, ajouté aux conditions précaires de l’environnement de travail ont une incidence directe sur la qualité de l’enseignement.  

·         Les facteurs d’ordre institutionnel

Les facteurs institutionnels peuvent également être appréhendés à plusieurs niveaux d’analyse.

Le premier niveau est  la faiblesse institutionnelle dans l’orientation des étudiants. En principe l’orientation académique devrait jouer un rôle important dans la régularisation des flux d’étudiants dans le souci de les repartir dans les différentes formations en fonction de leurs aptitudes. Mais à l’observation des faits, l’on observe une certaine souplesse de la part des services d’orientation académique dans nos universités. Cela induit inévitablement des performances médiocres de la part des étudiants.

Le second est la faible insertion des institutions universitaires aux réseaux internationaux de recherche. Il s’agit pour nos universités de s’ouvrir à l’international pour non seulement s’arrimer aux standards mondiaux en terme de formation mais aussi pour  bénéficier de l’expertise extérieure sous quelque forme que ce soit.

·         Les facteurs historiques et sociopolitiques       

L’héritage de la colonisation a un poids considérable sur la structure qualitative de l’Enseignement Supérieur. En effet la plupart des programmes d’enseignement date de L’époque coloniale, bien évidemment ces programmes de formation n’ont pas évolués substantivement pour s’adapter aux exigences de la modernité. Aussi assistons- nous à la primauté des disciplines dites littéraires ou générales au détriment de la science et de la technique. La conséquence est l’inadéquation formation/emploi surtout dans le secteur privé puisque les formations actuelles prédisposent plus à des postes administratifs dans la fonction publique.

            Par ailleurs les problèmes de gouvernance entrainent la mauvaise définition des priorités ce qui contribue à réduire l’Enseignement Supérieur à sa portion congrue. A cela  s’ajoute les nombreuses grèves qui ont quelque peu retardé l’évolution de ce secteur de l’éducation.

 

3 .3 QUELQUES PERSPECTIVES

 

 Pour remplir avec efficacité ses missions, les axes d’une « politique efficace pour l’amélioration et la transformation de l’enseignement supérieur  » (Bethuel Makossa, 2006, p.82) doivent être menés. Ces axes qui participent de la planification de l’éducation concernent non seulement les sources de financement mais aussi la structure qualitative et quantitative de l’enseignement supérieur.

·         Création des sources de financement

Les responsables de l’enseignement supérieur doivent œuvrer dans le sens de la création de nouvelles sources de financement car les ressources publiques à elles seules ne peuvent couvrir tous les besoins éducatifs.

Ainsi, l’intensification de la recherche et de la coopération peut drainer plusieurs financements via l’augmentation de la production scientifique, la multiplication des partenariats internationaux (bailleurs de fonds)  notamment à travers la diffusion des livres, des articles et la coopération interuniversitaire internationale.

De plus, une plate forme de coopération doit être créée entre les institutions d’enseignement supérieur  et le monde du travail à travers des formations continues  qui constituent une source potentielle de financement.

·         Amélioration qualitative et quantitative de l’enseignement supérieur

La question de l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur peut être appréhendée à deux niveaux.

D’abord sur le plan de la qualité de la gouvernance universitaire, des réformes portant notamment sur les nouvelles formes de management doivent être enclenchées c'est-à-dire des règles de gestion axées sur la bonne gouvernance (transparence financière, décentralisation effective, communication etc).

Ensuite sur le plan qualitatif, un réaménagement dans le contenu des programmes de formation mieux, une diversification est nécessaire. Ceci  pour offrir aux étudiants une formation adaptée qui convienne à leurs aspirations et aptitudes et qui soit en adéquation parfaite avec les exigences du monde du travail. Dans le même ordre d’idées, le processus de professionnalisation des enseignements doit être accéléré notamment avec la généralisation du système LMD (Licence Master Doctorat). Par ailleurs, les institutions universitaires doivent résolument s’inscrire dans la modernité avec en prime l’appropriation des technologies de l’information et de la communication (TIC). Enfin l’Etat doit s’atteler à améliorer la condition des enseignants en leur offrant non seulement un environnement et un cadre de travail attrayant mais aussi revalorisation de leur statut, de façon à pouvoir créer l’émulation et la motivation.

 

CONCLUSION    

 

Ce troisième chapitre dont le but était de faire une étude prospective de l’Enseignement Supérieur, a permis non seulement de recenser les principales missions et objectifs dévolus  à ce secteur de l’éducation, mais aussi de présenter les différentes structures organiques qui sont chargées de les mettre en œuvre. Il s’est également agi de dresser l’état des lieux actuel de l’enseignement supérieur afin d’analyser ses forces et faiblesses pour déboucher enfin, sur quelques approches de solution.

Cette analyse nous aura conforté sur l’idée de la nécessité de concevoir un modèle de simulation financière des politiques éducatives dans l’optique de mieux planifier l’enseignement supérieur. 


CHAPITR4: MODULE DE DEPENSES DU MODELE DE SIMULATION

 

Après avoir présenté le cadre théorique qui sous-tend la conception et l’usage des modèles de simulation financière, Il s’agit dans le présent chapitre  de construire le module de dépenses du modèle de simulation financière des politiques éducatives de l’Enseignement supérieur.

4 .1 APPROCHES PRELIMINAIRES

 

Il sera question dans cette section, de justifier le choix de l’outil d’implémentation du module et  de préciser les principales fonctions Excel utilisées dans l’élaboration du modèle.

4 .1 .1 Justification du choix du tableur Excel

Le module de dépenses a été élaboré dans l’environnement du tableur Excel. En effet  ce logiciel possède  de nombreuses caractéristiques. (Microsoft 2007)

-          Il offre de nombreuses fonctions utilisables à l’intérieur des formules, on distingue différentes catégories dans les domaines suivants : statistique, logique, scientifique, financier, chaines de caractères etc.

-          Il offre également des possibilités diverses de présentation graphique, car un bon graphique est plus représentatif qu’une multitude de nombres.

-          Il permet la programmation par macro-commandes, cela permet d’automatiser certaines opérations répétitives

-          Il permet la consolidation des résultats. On entend par-là, la capacité du logiciel à résumer sur une feuille de calcul supplémentaire, les résultats provenant d’autres feuilles de calcul.

-          Il permet de faire la simulation financière ou scientifique. Les financiers et les scientifiques utilisent fréquemment les tableurs pour la simulation de modèles dans leur domaine respectif.

-          Il permet enfin l’entrée de données sous forme de fiches et leur manipulation comme avec un logiciel de base de données (tri, recherche, sélection, etc)

 

 

4 .1 .2 Présentation du tableur Excel et des principales fonctions utilisées

 

Nous allons successivement présenter la structure d’une feuille de calcul, les formules, les opérateurs arithmétiques, les opérations relationnels et logiques, les fonctions et la copie des formules

·         Structure d’une feuille de calcul

Une feuille de calcul est constituée de lignes et de colonnes dont les intersections forment les cellules. Ces dernières sont généralement repérées par des lettres (ou des combinaisons de lettres) et des nombres. On parlera par exemple de la cellule C4, représentant l’intersection de la colonne c avec la ligne numéro 4. On dira aussi que C4 représente la référence ou l’adresse de la cellule en question.

Chacune des cellules d’une feuille de calcul peut contenir soit du texte, soit un nombre, soit une formule.

            L’originalité du tableur EXCEL réside dans sa capacité à recalculer tous les résultats affectés par une modification du contenu d’une ou plusieurs cellules.

·         Les formules

Une formule n’est rien d’autre que la traduction d’une expression mathématique dans un langage informatique approprié. Dans un tableur une formule commence toujours par le signe =. Une expression dans un langage de tableur peut contenir des nombres, des opérateurs, des fonctions et des références à des cellules ou des plages de cellules.

 

·         Opérateurs arithmétiques

Les opérateurs arithmétiques permettent de combiner des résultats d’expressions numériques, ainsi que des nombres.

 

·         Les fonctions    

Une fonction est un petit programme exécutant un travail particulier (calcul d’une somme, d’une moyenne, etc). Une fonction est utilisée dans une formule après le signe= et retourne toujours une valeur qui sera  soit affichée dans la cellule, soit utilisée dans le calcul d’une expression complexe.

Les principales fonctions que nous avons utilisées dans l’élaboration du module sont : la fonction qui calcule la somme d’une série de valeurs, la fonction moyenne qui calcule la moyenne d’une série, la fonction Max qui calcule le maximum d’une liste de valeurs, la fonction Min qui calcule le minimum d’une liste de valeurs, la fonction Arrondi qui renvoie l’arrondi de l’argument nombre à un certain nombre de décimales et la fonction SI est un test logique.

·         La copie des formules

Lorsque l’utilisateur copie une formule, les références qu’elle contient sont automatiquement mises à jour. Cette caractéristique nous a permis d’appliquer une même formule à un ensemble de nombres, sans devoir saisir cette formule plusieurs fois.

4 .2 PRESENTATION DU MODULE DE DEPENSES

 

Le module de dépenses du modèle de simulation financière des politiques éducatives a pour but de projeter les dépenses de l’enseignement supérieur sur la base des informations fournies par les autres modules qui composent le modèle général (module des effectifs, module des personnels, module des infrastructures).  Les objectifs d’éducation étant fixés à priori, l’ordinateur calcule les enveloppes financières correspondantes qui en deviennent la conséquence.  Il s’agit ici donc d’un modèle démographique et spécifique à l’enseignement supérieur du Cameroun.

Cette section vise à présenter l’architecture du module et les étapes de la simulation

4 .2 .1 Architecture du module

Le module de dépenses  donne les estimations financières des besoins éducatifs  sur la base des informations que lui fournissent  les autres modules. Ces informations sont  prises  comme donnée du modèle (voir schéma des flux du modèle de simulation à la page suivante).

Le module de dépenses est subdivisé en deux blocs : Les dépenses de fonctionnement et les dépenses d’investissement.

-          Le bloc des dépenses de fonctionnement

Les dépenses de fonctionnement ou dépenses courantes sont les ressources utilisées chaque année pour les activités des établissements universitaires. Ces dépenses peuvent être subdivisées en trois grandes catégories : La rémunération des personnels, les dépenses pour les biens et services (entretien des bâtiments, matériel pédagogique) et les autres dépenses de fonctionnement (subventions aux institutions privées et aux ménages, transferts et à d’autres collectivités publiques ou à l’étranger).

En ce qui concerne la rémunération des personnels, nous avons classé le personnel  en différents groupes : les personnels enseignants, les personnels fonctionnaires, les personnels contractuels, les assistants techniques et les agents d’appui. De même, les différences de grades et d’échelons ont été prises en compte au sein de chaque groupe de personnel, le salaire étant fonction du grade.

S’agissant des autres dépenses de fonctionnement, nous avons considéré les charges relatives au matériel didactique (matériel d’apprentissage, guides pour enseignant etc) et aux différents appuis aux étudiants (aides, bourses d’études, cantines scolaires etc). 

-          Le bloc des dépenses d’investissements

Les dépenses d’investissements ou dépenses en capital sont les dépenses imputables aux avoirs dont la durée de vie est supérieure à un an (constructions, rénovations et réparations importantes des bâtiments, acquisition des équipements).

Il s’agit des dépenses qui couvrent les besoins en espace scolaire, nous avons distingué dans le cadre de notre module les besoins en terme d’espace d’amphis, d’espace de laboratoires, d’espace de salles spécialisées, d’espace de bureaux et en équipements.

4 .2 .2 Etapes de la simulation

Le processus de simulation dans le module de dépenses est subdivisé en trois principales étapes suivant un cheminement logique : la mobilisation des données de l’année de référence qui servent de base aux projections, la définition des objectifs de politique éducative et la production des résultats de projections.

-          Mobilisation  et identification des données de base

Les données de base servent à l’établissement des prévisions selon les objectifs de politique quantitativement définis.

Dans le cadre de l’élaboration de notre module,  nous avons considéré deux types de données à savoir les données endogènes et les données exogènes.

Les données endogènes sont les informations fournies par les autres modules  qui nous servent de base de projection. Nous avons considéré comme données endogènes :

-          Les effectifs d’étudiants au supérieur

-          Les effectifs des personnels

-          Les besoins en espaces éducatifs nouveaux

-          Les besoins en nouveaux équipements

Les données exogènes sont les données extérieures au modèle, il s’agit ici des coûts unitaires c’est-à-dire :

-          Les salaires par catégorie de personnel

-          Le coût d’un mètre carré (m2) d’espace éducatif

-          Le cout d’un mètre carré (m2) d’équipement 

-          Le cout unitaire de chaque type de matériel didactique

-          Le montant des aides aux étudiants

 

·         Définition des objectifs de politique éducative

La deuxième étape de la construction de notre modèle est la définition des options de politique. Il s’agit des indicateurs sur lesquels le décideur peut agir et observer par la suite les conséquences inhérentes aux différentes modifications.

Dans le cadre de notre travail, nous avons retenu les indicateurs en fonction des blocs de dépense.

S’agissant des dépenses de fonctionnement, en particulier en ce qui concerne les dépenses de personnel, un paramètre de simulation a été retenu à savoir le taux d’augmentation du salaire et la durée de cette augmentation. Pour ce qui est des autres dépenses de fonctionnement (dépenses pédagogiques), le paramètre de simulation est l’évolution du prix des matériels didactiques.

Quant aux dépenses d’investissement, les indicateurs retenus sont l’évolution des prix des matériaux et des équipements sur une certaine période.

 

·         La construction des scénarios

La troisième étape enfin concerne les résultats des projections. Sur la base des données de l’année de référence et des hypothèses émises par le décideur, le module génère automatiquement les résultats des projections conformément aux formules statistiques introduites.

Le module donne les projections sur les estimations de salaire, les estimations sur  les coûts de matériels pédagogiques, les estimations sur les coûts de mètre carré d’infrastructure et d’équipement sur un horizon donné.

Les différentes étapes de la simulation sont résumées par le schéma suivant :

 

 

 

 

Figure 1-Architecture du module de Dépenses

 

Hypothèses

-Salaires moyens / catégorie de personnel

-coût unitaire/espace et équipement

              Données

- Besoins en nouveaux espaces    et nouveaux équipements

-  Besoins en personnel

Projections des :

-          Dépenses de fonctionnement

 

-          Dépenses d’investissement

Module de dépense

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



4.3 CONSISTANCE DU MODULE

 

Conformément à l’approche méthodologique précédemment évoquée, le module  a été élaboré  suivant les deux catégories de dépenses.

4 .3 .1 La simulation des dépenses de fonctionnement

 

L’année de référence est choisie pour être la plus récente et pour laquelle les informations complètes et fiables peuvent être mobilisées. Il s’agit ici de l’année 2008.

 

·         Simulation des dépenses de personnel

A ce niveau les estimations dépendent des facteurs suivants : le nombre moyen d’étudiants par enseignant qui permet de calculer l’évolution du nombre d’enseignants nécessaires dans les universités sur la période des simulations, le nombre de personnel non enseignants, le niveau moyen des salaires des enseignants et des personnels non enseignants dans le secteur public.

Les données endogènes sont inscrites dans les cellules bleues, il s’agit comme indiqué précédemment des données qui traduisent les besoins en personnels dans les universités tandis que les données exogènes sont inscrites dans les cellules grises, il s’agit des niveaux moyens de salaires par catégorie de personnel.

La simulation se fait ici en deux étapes :

·         on estime d’abord les salaires des personnels sur la base de l’hypothèse d’une augmentation ou d’une diminution probable du niveau des salaires sur une période déterminée. Il s’agit là d’un paramètre susceptible de changement suivant les divers scénarios de simulation. Ces paramètres sont inscrits dans les cellules jaunes.

De façon générale si nous notons :  le salaire moyen d’un personnel de catégorie j à l’année i et  , le taux d’augmentation moyen du niveau de salaire d’un personnel de catégorie j. Les salaires estimés sont donnés par la formule suivante :

  j peut prendre les valeurs : Professeur, maitre de conférences, chargé de cours, assistants, fonctionnaire catégorie (a, b, c, d), contractuels  etc.

 ,  G étant le taux d’augmentation global du salaire sur un nombre d’années 

·         Ensuite on estime les dépenses en personnel, pour cela, il suffit de multiplier les coûts unitaires c’est-à-dire, les salaires estimés chaque année par catégorie de personnel par les effectifs projetés des besoins en personnel y correspondant.

La formule de simulation est alors la suivante :

    est la dépense relative aux personnels de la catégorie j à l’année i et  est le besoin en personnel de la catégorie j à l’année i exprimé en nombre de personnel.

            La dépense totale  de personnel D est donnée par la formule suivante :

D  Σ

 

·         Simulation des autres dépenses de fonctionnement

Ces dépenses concernent les activités d’administration, d’appui pédagogique, de fournitures de manuels scolaires et de matériels pédagogiques ainsi que des bourses scolaires. Pour des raisons de simplicité, nous avons considéré deux postes de dépenses à savoir : Les dépenses pédagogiques et les dépenses relatives  aux bourses et autres aides.

S’agissant des dépenses pédagogiques, elles sont estimées sur la base de l’hypothèse d’un taux de dépenses susceptible d’augmenter ou de diminuer sur une période déterminée, cela dépend de la politique éducative que le décideur veut mener.

 

La formule de simulation est la suivante :

   est le montant de la dépense pédagogique de l’Etat par étudiant de la filière j à l’année i et  le taux de dépense pédagogique de l’Etat dans la filière j.

La dépense pédagogique par filière    est donnée par la formule de simulation :

        est l’effectif des étudiants de la filière j à l’année i

La dépense pédagogique totale  est donnée par :

 Σ  ,  j représente toutes les filières possibles (Education, ingénierie, sciences humaines etc ) et i représente les valeurs de L’année à partir de l’année de base jusqu’à l’année cible.

-Les dépenses de bourses et autres aides  sont simulées suivant le même principe ;

   Σ      est la dépense de l’Etat dans la filière j à l’année i en matière de bourse.

4 .3 .2 Simulation des dépenses d’investissement

La méthodologie de simulation est la même que celle utilisée dans la simulation des dépenses de fonctionnement, l’année de référence étant toujours l’année 2008. Ces dépensent se répartissent en dépenses d’infrastructure et en dépenses d’équipement          .

·         Simulation des dépenses d’infrastructures

A ce niveau, les estimations dépendent des facteurs suivants : le nombre moyen d’étudiants par mètre carré d’infrastructure qui permet de calculer l’évolution de la surface d’infrastructure nécessaire dans les universités sur la période des simulations (données endogènes fournies par le module d’ infrastructure), le coût unitaire d’un mètre carré d’infrastructure, il s’agit d’une exogène. L’unité de mesure est ici le mètre carré d’infrastructure.

Comme dans la simulation des dépenses de fonctionnement, Les données endogènes sont inscrites dans les cellules bleues, il s’agit comme indiqué précédemment des données qui traduisent les besoins en espaces nouveaux dans les universités tandis que les données exogènes sont inscrites dans les cellules grises, il s’agit du coût unitaire du mètre carré d’infrastructure  par catégorie d’infrastructure

La simulation se fait  ici en deux étapes :

·         on estime d’abord le coût unitaire du mètre carré d’infrastructure sur la base de l’hypothèse d’une augmentation ou d’une diminution probable du taux d’inflation sur une période déterminée. Il s’agit d’un paramètre susceptible de changement suivant les divers scénarios de simulation. Ces paramètres sont inscrits dans les cellules jaunes.

De façon générale si nous notons : , le coût unitaire du mètre carré (m2) d’infrastructure  de catégorie j à l’année i et  , le taux d’inflation sur le marché des infrastructures de catégorie j.

La simulation des coûts estimés est donnée par la formule suivante :

     j peut prendre les valeurs : Amphi, laboratoires, salles spécialisées, bureaux, chambres, etc)

 , GI étant le taux d’inflation global du sur un nombre d’années 

·         Ensuite on estime les dépenses en nouveaux espaces  d’infrastructure, pour cela, il suffit de multiplier les coûts unitaires c'est-à-dire, le coût estimé du mètre carré d’espace scolaire chaque année par catégorie d’infrastructure par les effectifs projetés des besoins en surface d’infrastructure.

           

La formule de simulation est alors la suivante :

   est la dépense en nouveaux espaces d’infrastructure de catégorie j à l’année i et est le besoin en nouveaux espaces d’infrastructure de catégorie j à l’année i exprimé en mètre carré.

La dépense totale  d’infrastructure  DIN est donnée par la formule suivante :

     DIN Σ

 

·         Simulation des dépenses d’équipement

            Les estimations dépendent des facteurs suivants : le nombre moyen d’étudiants par mètre carré d’équipement qui permet de calculer l’évolution de la surface d’équipement nécessaire dans les universités sur la période des simulations (données endogènes fournies par le module d’infrastructure), le coût unitaire d’un mètre carré d’équipement, il s’agi. L’unité de mesure est ici le mètre carré (m2) d’équipement.

Comme dans la simulation des dépenses d’infrastructure, Les données endogènes sont inscrites dans les cellules bleues, il s’agit comme indiqué précédemment des données qui traduisent les besoins en équipements nouveaux dans les universités tandis que les données exogènes sont inscrites dans les cellules grises, il s’agit du coût unitaire du mètre carré d’équipement  par catégorie d’infrastructure

La simulation se fait  ici en deux étapes :

Ø  on estime d’abord le coût unitaire du mètre carré d’équipement sur la base de l’hypothèse d’une augmentation ou d’une diminution probable du taux d’inflation sur une période déterminée. Il s’agit d’un paramètre susceptible de changement suivant les divers scénarios de simulation. Ces paramètres sont inscrits dans les cellules jaunes.

De façon générale si nous notons :  le coût unitaire du mètre carré (m2) d’équipement  de catégorie j à l’année i et   , le taux d’inflation sur le marché des équipements de catégorie j.

La simulation des coûts estimés est donnée par la formule suivante :

  j peut prendre les valeurs : Equipements d’amphi, équipements de laboratoire, équipements de salles spécialisées, équipement de bureaux, équipements de chambres, etc)

  GE étant le taux d’inflation global sur un nombre d’années 

Ø  Ensuite on estime les dépenses en nouveaux équipements, pour cela, il suffit de multiplier les coûts unitaires c'est-à-dire, le coût estimé du mètre carré d’équipement chaque année par catégorie d’infrastructure par les effectifs projetés des besoins en nouveaux espaces.

            La formule de simulation est alors la suivante :

     est la dépense en nouveaux espaces d’équipement de catégorie j à l’année i et  est le besoin en nouveaux espaces d’équipement de catégorie j à l’année i exprimé en mètre carré.

            La dépense totale  d’équipement  DQT est donnée par la formule suivante :

DIN Σ

 

 

 

4 .4 LIMITES ET PERSPECTIVES DU MODULE

Le module que nous proposons au décideur souffre certainement de quelques insuffisances inhérentes non seulement à l’imperfection de l’œuvre humaine, mais également aux contraintes majeures qui résultent de la complexité et de la densité de l’enseignement supérieur au Cameroun, en particulier en l’absence d’un système d’information fluide. Ainsi la difficulté essentielle est de pouvoir mobiliser les données fiables et complètes d’une année de référence, c’est pour cela que le critère de mètre carré (m2) d’infrastructure  a été retenu  au détriment d’un critère plus significatif comme le nombre d’amphi, pour estimer les dépenses d’investissements. Cela à cause de l’absence  des normes ou des standards en matière de construction d’infrastructures universitaires, un amphi de 500 places peut être construit sur 1500m2  comme sur 3000 m2 .

            L’autre limite reconnue du module est l’absence de distinction entre les personnels relevant des institutions universitaires et les personnels relevant de la fonction publique dans la simulation des dépenses de personnel.

Par ailleurs le module considère le coût unitaire du mètre carré d’équipement sans pour autant tenir compte ou lister les différents équipements requis. L’on aurait dû disséquer les dépenses d’équipement pour mettre en exergue par exemple les besoins et les coûts en termes d’outils informatiques. Cela peut permettre au décideur, de faire le suivi évaluation pour mesurer le degré d’appropriation des TIC.

            Toutes ces insuffisances feront l’objet d’une exploitation minutieuse pour permettre l’affinement du modèle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CONCLUSION GENERALE

 

L’objet de ce mémoire était de concevoir le module de dépenses du modèle de simulation financière des politiques éducatives de l’enseignement supérieur au Cameroun dans le cadre du renforcement des capacités de planification de l’éducation. Il s’agissait de contribuer à la réflexion commencée lors du forum de Dakar en avril 2000 sur la nécessité d’élaboration d’un plan national d’Éducation. En particulier dans un contexte caractérisé par d’énormes difficultés économiques et la croissance des besoins éducatifs.

Ce travail s’est appuyé sur les concepts théoriques de la planification de l’éducation et sur les outils modernes de planification que sont les modèles de simulation financière, lesquels représentent aujourd’hui les instruments efficaces d’aide à la décision pour le décideur à l’instar du modèle EPSSIM proposé par l’UNESCO dont nous avons fait mention.

Il s’est également agi au cours de ce travail, de faire une étude prospective de l’enseignement supérieur au Cameroun, d’analyser ses différentes forces et faiblesses afin de cerner le système d’information qui le régit. Cette étude a été conclue sur la nécessité d’un outil de planification de l’enseignement supérieur.

Enfin, nous proposons au décideur un modèle de simulation des dépenses éducatives qui  permet d’estimer les conséquences financières d’une option ou d’une combinaison d’options de politique éducative spécifiques à l’enseignement supérieur au Cameroun.

Mais, compte tenu des contraintes de temps et de la difficulté à mobiliser les données fiables, ce travail reste perfectible et sera affiné  progressivement au fur et à mesure que les données sures seront collectées puisqu’il offre l’avantage d’être  flexible.

           

 

 

 

 

 

 

 

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

Publications :

1-      BUDA , R  (1998). La simulation économique : expérimentation et apprentissage de la réalité économique, Paris, University of Paris, « MPRA »,  23 pages

2-      BRAHAM, K (2005). Higher Education Budget Trade-Off Model final report, 59 pages

3-      BRAY,M (1999). A l’ombre du système éducatif, Paris, UNESCO-IIPE, « principes de planification de l’éducation »

4-      CHANG, G .C . et M .RADI (2001). La planification de l’éducation par la simulation informatique, Paris, UNESCO, « politiques et stratégies éducatives », 88 pages

5-      COOMBS ,PH (1970). Qu’est ce que la planification de l’éducation ?, Paris, IIPE-UNESCO , « principes de planification de l’éducation », 69 pages

6-      MAKOSSA , B (2006). La crise de l’enseignement supérieur en Afrique francophone : une analyse pour les cas du BURKINA Faso, du Cameroun, du Congo, et de la côte d’ivoire , « JHEA/RESA », pp.69-86

7-      MAXIMO ,H (1965). La planification de l’éducation en Amérique latine dans le cadre du développement économique et social, Paris, « tiers monde », pp. 551-558

8-      MICHAELA, M . et C, SAUVAGEOT (2009). Construire le tableau de bord de l’enseignement supérieur : un guide pratique, Paris, « UNESCO-IIPE » , 23 pages

9-      MINGAT, A . R, RAKOTOMALALA et T, JEE-PENG (2002). Le financement de l’Education Pour Tous en 2015 : Simulations pour 33 pays d’Afrique subsaharienne, Paris, 16 pages

10-  MINGAT, A. M . BROSSARD  (2005). Module de formation aux modèles de simulation financière en éducation pour le compte de la banque mondiale, Dakar, UNESCO, 47 pages

11-  MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR (2008).Annuaire statistique

12-  MINISTRY OF HIGHER EDUCATION AND SCIENTIFIC RESEARCH PALESTINIAN AUTHORITY (2002). Palestinian Higher Education Financing Stratégy

13-  PEANO, S (2008). Les questions financières de la planification de l’éducation, Paris, UNESCO-IIPE, 10 Pages

14-  SINCLAIR, M (2003). Planifier l’éducation en situation d’urgence et de reconstruction, Paris , UNESCO, « principes de planification de l’éducation » 150 pages

15-  RUSCOE, G-C (1970). Planification de l’éducation : les conditions de réussite, Paris , UNESCO-IIPE ,52 pages

16-  TSAFACK NANFOSSO, R (2006). La dynamique de l’enseignement supérieur au Cameroun, « JHEA /RESA » pp. 99-122

17-  WOODHALL , M (2004). L’analyse coût-bénéfice dans la planification de l’éducation, Paris,  UNESCO, « principes de planification de l’éducation », 149 pages

 

 


 

TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS. i

RESUME.. ii

ABSTRACT. iii

LISTE DES ABREVIATIONS. iv

LISTE DES TABLEAUX.. v

LISTE DES FIGURES. v

SOMMAIRE.. iv

INTRODUCTION GENERALE.. 1

CHAPITRE1: PRESENTATION ET EVOLUTION DU CONCEPT DE PLANIFICATION DE L’EDUCATION   4

1.1.     EMERGENCE ET DEFINITION DU CONCEPT. 4

1.1.1.      Evolution historique du concept de planification de l’éducation. 4

1.1.2.      Planification de l’éducation : Une définition. 5

1.2.     PRINCIPAUX MODELES DE PLANIFICATION DE L’EDUCATION.. 6

1.2.1.      La  planification indicative. 6

1.2.2.      La planification impérative. 7

1.2.3.      Planification stratégique et planification opérationnelle. 7

1.3.     POURQUOI  ET COMMENT PLANIFIER L’EDUCATION ?. 8

1.3.1.      Pourquoi planifier ?. 8

1.3.2.      Comment planifier ?. 8

CONCLUSION.. 9

CHAPITRE2: LE MODELE DE SIMULATION FINANCIERE COMME OUTIL DE PLANIFICATION   10

2.1      DEFINTION ET ROLE DU MODELE DE SIMULATION FINANCIERE. 10

2.1 .1 Définition. 10

2 .1 .2 Importance  des modèles de simulation financière. 11

2 .2 DIFFERENTS TYPES DE SIMULATION.. 13

2 .2 .1 Modèles génériques et modèles spécifiques. 13

2.2 .3 Modèles démographiques et modèles financiers. 13

2.3 L A SIMULATION INFORMATIQUE. 14

2 .3.1 Historique de la simulation informatique. 14

2. 3 .2         Catégories de simulation informatique. 14

2 .4 EXEMPLE DE MODELE DE SIMULATION FINANCIERE :  EPSSIM... 15

2 .4 .1     Principaux objectifs du modèle EPSSIM... 15

2 .4 .2 Caractéristiques du modèle EPPSSIM... 15

2 .4.3  Composantes du modèle. 16

CONCLUSION.. 17

CHAPITRE 3: ETUDE PROSPECTIVE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AU CAMEROUN   18

3 .1 ORGANISATION ET MISSIONS DE L’ENSEIGNEMENT  SUPERIEUR AU CAMEROUN.. 18

3 .1 .1 Structure organique de l’enseignement supérieur au Cameroun. 18

3 .1 .2 Principales missions de l’Enseignement Supérieur. 20

3 .2 ETAT DES LIEUX DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AU CAMEROUN.. 20

3 .2 .1 Caractéristiques  de l’enseignement supérieur au Cameroun. 21

3 .2 .2 Identification des sources de problème. 24

3 .3 QUELQUES PERSPECTIVES. 25

CONCLUSION.. 27

CHAPITR4: MODULE DE DEPENSES DU MODELE DE SIMULATION.. 28

4 .1 APPROCHES PRELIMINAIRES. 28

4 .1 .1 Justification du choix du tableur Excel 28

4 .1 .2 Présentation du tableur Excel et des principales fonctions utilisées. 29

4 .2 PRESENTATION DU MODULE DE DEPENSES. 30

4 .2 .1 Architecture du module. 30

4 .2 .2 Etapes de la simulation. 31

4.3 CONSISTANCE DU MODULE. 34

4 .3 .1 La simulation des dépenses de fonctionnement 34

4 .3 .2 Simulation des dépenses d’investissement 36

4 .4 LIMITES ET PERSPECTIVES DU MODULE. 39

CONCLUSION GENERALE.. 40

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES. 41

TABLE DES MATIERES. xliii

 

 

 

RESUME

            Ce travail vise à concevoir et à réaliser un modèle de simulation financière des politiques de l’enseignement supérieur au Cameroun  à partir des technologies de l’information et de la communication. Il s’agit de proposer  au décideur un outil spécifique qui lui  permet de mesurer les implications financières d’une option de politique éducative  sur une période déterminée.  A cet effet, sa conception et sa réalisation s’appuient  sur l’ensemble des théories de la planification de l’éducation, sur  l’étude des modèles existants et enfin sur l’analyse de l’enseignement supérieur au Cameroun.

 

Mots clef : Planification, Modèle, Simulation financière, Dépenses pédagogiques

 

 

 

ABSTRACT

The main objective in this thesis is to realize an ICT simulation model of financial policies in higher education in Cameroun. It’s a specific tool suggested to higher education decision makers for helping them to estimate the financial impacts of a given higher educational policy option within a period. The conception and implementation of this simulation model are based on education planning theories, comparison with existant models and Cameroon higher education analysis.

 

 Keys words: Planification, Model, Simulation, Pedagogic costs

 

 



Systèmes éducatifs camerounais et américain

Lundi 9 Novembre 2009 - 21:23:52

Système éducatif américain

Système éducatif camerounais

suggestions

Propose  un apprentissage qui développe l’esprit critique, la capacité de persuasion et le raisonnement logique   pour la résolution des problèmes de la science

Propose un apprentissage basé sur les connaissances superficielles sans véritable spécialisation

 Dépasser l’étape des connaissances vagues pour une plus grande spécialisation

Propose un apprentissage par l’exploitation des nouvelles technologies de l’information et de la communication

 Apprentissage par l’exploitation des nouvelles technologies de l’information communication mais encore élitiste

 

Démocratiser l’accès aux NTIC pour une meilleure exploitation d’un plus grand nombre

Ouverture aux cultures  du monde pour un échange gagnant et pour une plus grande efficacité dans le domaine des échanges

 Interaction culturelle mais avec comme frein les replis identitaires

Densifier les rapports avec les cultures extérieures

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tiens compte des mutations multisectorielles qui s’opèrent dans le monde

Inadéquation entre les changements du monde et les offres du système

 Promouvoir des politiques éducatives  qui prennent en compte l’évolution extérieure

Encourage  l’apprentissage basé sur l’esprit de curiosité , le risque et l’inventivité

 Manque d’esprit d’innovation et de créativité, système plutôt calqué sur las paradigmes anciens

Mettre l’accent sur la dimension créatrice ou inventive de l’apprenant

Propose des programmes d’étude basés sur non seulement le savoir mais aussi le savoir faire  

 programmes d’étude basés essentiellement sur le savoir théorique

Accompagner la théorie de la pratique

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

Encourage la recherche approfondie dans les domaines porteurs de valeur ajoutée

 Recherche scientifique quasi insuffisante

Faire de la recherche une priorité

Système planifié et axé sur une gestion sur les résultats

Pas de prospectives et navigation à vue

Le retour à la planification est souhaitable dans le secteur de l’éducation

 


A vos plumes

Jeudi 15 Octobre 2009 - 12:42:32

Salut à tous ceci est un appel à contribution pour le choix d'un thème de mémoire en informatique option technologies éducatives.Alors vous savez ce qui vous reste à faire, rivaliser de compétence et d'imagination pour le plus grand bénéfice de la Science.En faisant parvenir vos propositions à ce blog, vous aurez contribuer à la vulgarisation du savoir

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